Jean-Luc a écrit :
- tout le monde n'a pas forcément la grande gueule ou le tact pour faire part directement au brasseur des défauts constatés,
il est sans doute plus facile d'en parler sur un endroit comme celui là, de maniere plus... anonyme ? sans doute.
Même avec une grande gueule, du tact, et un solide bagage côté technique et dégustation, c'est parfois difficile, sinon carrément houleux...
Bon, ça n'aide pas forcément d'avoir une réputation ou d'avoir une légitimité comme représentant d'asso de consommateurs de bière, parce que certains se mettent la pression inutilement et attendent ton avis comem parole d'évangile, alors que le but est bien de discuter pour avancer.
Il n'empêche que certains petits brasseurs sont absolument hermétiques à la moindre critique, même prudente et aussi constructive que possible. Tout de suite, c'est les grands chevaux, les accusations de sabotage, on essaie de les couler, on est à la solde des gros brasseurs, de la concurrence étrangère etc. la grosse manipulation misérabiliste et victimisatoire, quoi, censée te culpabiliser.
Voilà voilà...
On peut pas être copain avec tout le monde quand on cherche à faire avancer les choses. Surtout quand certains ne maîtrisent pas ce qu'ils font, et que leurs bières ne donnent aucun signe d'amélioration année après année...
Par exemple un brasseur wallon (non, pas de noms) qui m'a un jour fait une crise de nerfs d'un bon quart d'heure sur le mode "tu ne te rends pas compte le mal que tu nous fais !" avant de marteler un grotesque " Si c'est une bière artisanale tu DOIS en dire du bien !" Comme si ça allait me convaincre de faire autre chose que de relater l'incident, ce qui ne fait effectivement pas beaucoup de bien à sa crédibilité...
Ou encore un brasseur de la région de Genève, très occupé à critiquer ses confrères qui "travaillent mal", parce que lui, il est le seul qui cultive sa propre levure, et il a sa souche à lui qu'il a découverte (hum...). Là, aussi, grosse crise de nerfs sur le mode "c'est qui ce connard ?" quand je mentionne doucement que j'ai goûté sa stout en pression le jour même, à son stand, et que le verre que j'ai eu avait une acidité lactique assez prononcée...
Le fond de l'affaire est souvent une pression que les gens se mettent par rapport aux discussions techniques, une insécurité fondamentale, une incapacité à admettre qu'ils savent pas forcément tout, qu'ils tâtonnent, ou qu'il y a des choses qui leur échappent ou sur lesquelles ils se posent des questions. Pourtant, c'est pas un examen, pas beoisn de replonger dans les schémas d'écolier flippé.
Parallèlement, j'ai souvent des contacts cordiaux avec les micro-brasseurs de par ici qui sont soucieux de la qualité et d'avoir un avis un peu articulé sur leur bière et prêts à discuter des méthodes employées et d'éventuelles pistes pour améliorer la bière ou corriger le tir. Ceux-là finissent parfois par devenir des amis, parce qu'on peut vraiment discuter et évoluer, poser des hypothèses, serrer les boulons, pinailler sur les détails sans que ça devienne une affaire perso.
Santé !
Laurent
Toutes les opinions se valent, mais certaines ont un budget marketing annuel de 100 millions d'Euros derrière elles. (Tim Webb)