L'amertume, c'est net, ben défini, pour l'essentiel sur le tiers arrière de la langue.
Une bière verte, c'est astringent, pas juste amer. C'est une impression proche de l'amertume, mais en plus flou et avec en plus l'impression que la langue ou les papilles se rétractent, comme avec un fruit pas mûr... et accessoirement, ça se perçoit sur les côtés et le milieu de la langue.
La bière verte est un problème tellement courant avec les brewpubs et les micros, quand le brasseur n'est pas formé à repèrer le problème, que le buveur lambda finit par trouver ça normal. Alors que c'est réversible avec le temps, simplement.
Accessoirement, c'est clair que les ceusses qui ont pas mal d'heures de vol (pas forcément ceux qui ont beaucoup de messages... quand j'ai débarqué ici, j'avais zéro messages et déjà plus d'heures de vol en dégustation et en contrôle qualité que la majorité.) ont effectivement en bonne partie tendance à aimer les bières avec un goût de houblon franc.
Mais c'est pas pour autant le genre "la mienne est plus grosse que la tienne" comme la course au % d'alc/vol. de nombre de débutants qui viennent de découvrir la Rochefort 10 et trouvent cool ces trucs qui tuent la tronche et leur permettent, croient-ils de s'affirmer par l'alcool.
Non, c'est juste qu'une fois qu'on a intégré comment une bière équilibrée, donc même avec un IBU assez haut sur le papier, mais avec assez de capitonnage autour, est intéressante sur le plan aromatique, ça gave la moindre de voir se perpétuer ce "j'aime pas l'amertume, docn le houblon c'est pas bien" qui est à 90% constitué d'ignorance, largement soutenue par la connerie des brasseries industrielles qui rabotent sur le houblon, donc présentent dans leur marketing, depusi plus de 30 ans, l'amertume comme étant un défaut.
Là, djavet ne faisait qu'un peu remettre en perspective. Et je mitouïse fortement.

