Lors de mes recherches sur le forum, j'ai trouvé une partie de mes réponses dans les journaux tenus par d'autres membres du forum. Après avoir pas mal hésité, je me suis dit, pourquoi pas partager mes expériences (et déboires). Peut-être certains retours éviteront à d'autres de commettre les mêmes erreurs :p
Pour compléter un peu le post présentation, je prépare mon projet de brassage depuis plusieurs mois. J'ai lu deux ouvrages (Faire sa bière maison - G. Hughes et Secrets de brasseur - M. Goemaere, L. Louis, T. Mousseau) et suis en train de lire le "How to Brew" de J. Palmer qui est une véritable mine d'or. Le premier des ouvrages est bien présenté, mais plutôt superficiel.
Premier brassin - Kit tout grain IPA Monpetitbrassage - 5L
À ce jour, j'ai réalisé 3 brassins. Le premier est un kit tout grain de 5L d'IPA que j'ai brassé pendant le confinement. Peu d'intérêt à présenter les photos ici. L'expérience était vraiment sympa. Le brassage fut une expérience mémorable (thermomètre HS, passoire inadaptée, pas assez de glaçon pour un bon refroidissement dans l'évier en période de chaleur...). Au final, la bière était bonne même si l'une des bouteilles avait environ 10 cm de sédiments... Après un geyser à l'ouverture, celle-ci a servi à faire un canard mijoté à la bière.
Il y a un point que j'ai noté dans la dégustation. La première bouteille avait un goût très différent des autres bouteilles. La bière était plus ronde et plus riche, vraiment délicieuse alors que pour les bouteilles bues après, la bière avait le goût plus classique d'une IPA. Il est possible que j'aie embouteillé un peu trop tôt et que la bière était encore un peu "jeune" pour la première bouteille. Si c'est le cas, savez-vous s'il est possible de réitérer cette expérience volontairement ? Un peu comme du vin nouveau pour la bière ?
Second brassin (échec) - Golden Ale belge - 23L en BIAB
Pour le second brassin, je voulais vraiment investir. Mon objectif était de partir sur des brassins de 20 à 30L tout en ayant une installation la plus évolutive possible. Après d'innombrables heures de recherche, j'ai acheté tout le petit matériel (mesure, refroidissement, concassage etc...). À ce sujet, on dit "petit matériel", mais tous les conseils que j'ai vus étaient de ne pas chercher à faire trop d'économie sur ce matériel (moulin, refroidisseur, etc...). Au final, ce "petit" matériel n'était clairement pas "petit" dans le budget ! Pour rester dans mon budget, j'ai alors acheté un stérilisateur à bocaux Klarstein Konfistar 50 pour du BIAB. L'idée étant à moyen terme d'investir dans une installation plus complète et de faire du stérilisateur une cuve d'eau chaude.
J'ai passé mes commandes sur Saveur-bière et r*-b*. J'ai reçu tout le matériel rapidement et bien emballé à l'exception du houblon Saaz (vendu par Saveur-bière) qui n'a pas été mis correctement sous vide.

Pour le sac de brassage, j'ai trouvé un patron sur homebrewtalk ( https://www.homebrewtalk.com/threads/di ... ol.520802/). C'est un Excel qui calcule les mesures du sac en fonction des dimensions de la cuve. Si certains sont intéressés, je pourrai poster des photos du processus de fabrication avec la machine à coudre. J'ai choisi une toile polyester en mailles bloquées et ai ajouté des renforts et sangles en nylon.

L'idée du stérilisateur était terrible. Le stérilisateur à bocaux a lâché en 10 min à cause d'un fond cramé (malgré une recirculation manuelle du moût) et je n'ai jamais réussi à le faire redémarrer. La cuve étant HS, j'ai contacté Klarstein qui m'a proposé un retour du produit à leurs frais contre remboursement. Le plus dur était d'annoncer à mon épouse que le sac qu'elle avait passé du temps à me concevoir ne servirait plus...
Histoire de ne pas tout mettre sur le dos de Klarstein, j'ai compris après recherches qu'il aurait fallu que je fasse une infusion en mono palier sans chauffer la cuve dont la résistance de 2500W n'est pas réglable.
Le grain concassé dans lequel on voit les farines responsables du meurtre de la cuve.

Température du décès de la cuve.

Après cette expérience, j'ai abandonné la solution des cuves électriques pour ne plus subir de panne qui imposerait de changer toute la cuve. J'ai alors décidé de passer au chauffage gaz. Le problème c'est que je ne connais rien au gaz et que acheter une cuve + l'équipement au gaz, ça dépasse le prix d'un stérilisateur à bocaux (je n'ai pas voulu prendre de cuve catering de peur de cramer encore une fois le fond en faisant du BIAB). Par chance, je suis tombé sur une annonce LBC d'un brasseur qui vendait une cuve Polsinelli 50L presque neuve, un seau de filtration Brewferm avec son fond filtrant en dôme et deux seaux de fermentation pour environ 130€ le tout.
Troisième brassin - Golden Ale belge - 23L
Pour la chauffe, je me suis beaucoup renseigné sur le forum pour ne pas prendre de risque avec le gaz. J'ai notamment suivi la plupart des conseils de Penn que j'ai pu trouver et suis allé consulter l'arrêté du 23 février 2018 relatif aux règles techniques et de sécurité applicables aux installations de gaz. C'est difficile à lire pour quelqu'un qui ne connait rien au gaz. Je brasse à 1m d'une porte de garage suffisamment large pour faire rentrer une voiture, mais par prudence j'ai choisi d'utiliser du butane. Pour des raisons de prix, j'ai acheté un brûleur Mammuth 8,5 Kw chez Léon, lequel n'est malheureusement pas équipé de sécurité thermocouple (ce qui est conforme aux règles de sécurité, même en intérieur dès lors que la bouteille de butane n'excède pas 16 Kg si je ne me trompe pas). J'ai pris une bouteille de butane en métal pour favoriser l'échange thermique avec l'air. À voir ce que ça donnera en hiver
Vint alors le 3e brassin, actuellement en cours de fermentation. Une Golden Ale Belge dont j'ai trouvé la recette dans "Faire sa bière maison", G. Hughes, p. 158 (Pilsner, Carapils, Malt aromatique, Saaz, Tettnang, sucre et Wyeast #1762).
Déroulé du brassage :
N'ayant plus de malt aroma à cause du premier échec, j'ai mis du CaraMunich en même quantité.
En concassant le malt, j'ai remarqué que le côté gauche du moulin produisait presque de la farine alors que le côté droit laissait passer des grains à peine concassés. Est-ce normal pour un moulin Corona ou est-il usé/mal réglé ?
Aucun problème lors de l'empâtage. J'ai suivi les indications de beersmith pour pouvoir empâter à 65°C pendant 1h, puis mash out à 76°C pendant 10 min.
Pour le rinçage, il me fallait environ 16L d'eau. J'avais prévu de mélanger de l'eau bouillante avec l'eau à 55°C en sortie de robinet dans un seau, mais ça a été un échec alors j'ai dû chauffer l'eau de rinçage directement dans la cuve d'ébullition pour ensuite la transvaser dans un seau. Le temps de la recirculation, l'eau de rinçage était redescendue à environ 60°C. La cuve d'ébullition n'étant plus disponible, j'ai rincé à cette température.
En penchant le seau pour récupérer plus d'eau de recirculation, je pense avoir créé des chemins préférentiels dans la cuve. Malgré le couvercle percé, il y avait plus d'eau d'un côté du seau.
Je ferai attention à ces points lors du prochain brassage prévu ce week-end. À voir si le rendement obtenu s'améliore.
Au final, j'ai atteint un rendement de 67,7%. Ce n'est pas extraordinaire, mais j'en suis content pour un premier brassage.
Pour l'ébullition, tout s'est bien passé à un détail près. Il y a eu une erreur de timer, si bien que je pense avoir fait 2h d'ébullition au lieu de 70 min. Résultat, une densité initiale de 1,085 contre 1,072 prévue par Beersmith, ce qui donne une estimation à 10,1% d'alcool contre env. 8% prévus.
Je préfère les bières fortes en alcool alors ça devrait aller, mais j'espère que ça n'impactera pas trop le goût de la bière. Je suis un peu déçu, car je n'ai que 16L en fermenteur contre un peu plus de 20 prévus. Je m'interroge également sur la durée de fermentation. J'ai remplacé la levure par une Safbrew T-58 et ai mis 2 sachets que j'ai réhydratés avant ensemencement.
Quelques photos du brassage :
Récupération de bouteilles auprès des proches et chez VnB. Un enfer à nettoyer. Les bouteilles VnB dataient d'avant confinement et avaient une épaisse couche de moisi dans le fond. J'ai laissé tremper dans de l'eau + Javel pendant 48h, puis j'ai frotté avec un goupillon jusqu'à ce que ça brille.

Poste de travail Beersmith

Moulin Corona motorisé que j'ai trouvé à 35€ sur leboncoin à 15min de chez moi. La personne est membre du forum, merci encore.

Pour l'installation, je compte fabriquer un meuble avec des cornières d'angle et des plateaux OSB, mais en attendant, j'ai trouvé un meuble de 20cm de hauteur et résistant à la chaleur pour moins de 2€ : des parpaings ! Le petit miroir est là pour pouvoir surveiller les flammes sans se pencher. Je n'ai pas pris de photo, mais il est surtout utile lors de l'ébullition lorsque le réchaud est à 20 cm du sol.

Journée brassage avec un ami. Un vrai plaisir !

Recirculation manuelle après empâtage.

À noter pour plus tard : Le couvercle percé fonctionne très bien avec de l'eau claire, mais se bouche avec les résidus du moût...

Pour info, voici le couvercle en question. Toute ressemblance ou inspiration d'un fly sparge italien n'est que fortuite...

Une belle ébullition sans forcer avec le brûleur Mammuth. En même temps, 8,5kW pour 28L pré ébu, je n'étais pas trop inquiet.

Les levures travaillent désormais. Avec la densité initiale, je ne suis pas encore sûr de combien de temps de fermentation il faudra ! Pour ne pas prendre de risque, j'ai prévu 4 semaines.

Prochain brassage ce week-end en famille : Une triple belge
D'ailleurs, si certains ont des conseils pour la fabrication d'un meuble pour pico gravitaire avec peu d'outillage, je suis preneur ! J'ai vu plusieurs pico très sympas sur le forum, mais les détails techniques de construction n'y sont pas développés ou ne sont pas à ma portée (soudure par exemple).














