On y voit que, pour sortir une nouvelle variété :
- on réalise des croisements, puis on collecte les graines
- on fait pousser les graines (10 à 50% de pertes)
- si un plant lève, on lui fiche la paix pendant 2 ans.
- à ce stade, on a perdu 60 à 90% des plants : maladies, parasites, plante non viable (mâles, bien que certains soient conservés), etc. Les survivants sont évalués sur leur productivité.
- les plans restants sont ensuite évalués pendant en moyenne 2 à 3 ans, pour qu'ils atteignent leur pleine maturité. Leur qualité en terme d'arômes, d'amertume et de rendement sont là encore déterminant. Il n'y a pas plus d'un plant sur 5 à 10 qui passe à la phase suivante.
- L'avant-dernière phase, c'est une division du rhizome, avec une culture test. Les cônes produits sont "évalués" par des brasseries (certaines ont des contrats par lesquels elles s'engagent à acheter, tous les ans, une certaine quantité de houblon "expérimentaux". Sierra Nevada et Brewdog en font partie je crois). Si les brasseries disent : "y'a du potentiel", alors on passe à la vraie culture. Sinon, "couic le canari".
Pour avoir UNE variété exploitable, d'après le responsable de Yakima, il faut tester entre 30000 et 50000 hybrides (parfois/souvent déjà issus de croisements antérieurs).
Les COV sont une saloperie (c'est le fil de paysan qui parle) de la même manière que tout ce qui touche à l'appropriation du vivant par des intérêts privés ; les brassams sont tout au bout du bout du bout de la chaine d'appro des houblons ; mais soyons honnêtes : développer ne serait-ce qu'une seule variété nouvelle et intéressante pour le brasseur, sauf énorme coup de pot, demande des moyens que bien peu d'amateurs peuvent mobiliser. Même si chacun fait pousser 10 nouvelles variétés, il faut 3000 amateurs dans l'espoir qu'un seul d'entre nous fasse éclore une merveille dans ~5 ans, puis encore 5 ans avant qu'on puisse largement diffuser ce cultivar. Et encore, on suppose ici qu'il est facile pour un brassam de se procurer des graines issues de croisement de houblons brassicoles... Pas impossible, mais on frôle tout de même la douce utopie
(oui Jean-Luc, tu vas me reprocher d'être défaitiste, mais là, j'ai les chiffres pour moi



