English Pale AleBurton Pale Ale 18e siècle

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Burton Pale Ale 18e siècle

Message par luthierbrasseur »

J'ai reçu Brewing Techniques, Recipes and the Evolution of India Pale Ale, par Mitch Steele pour mon anniversaire, et j'ai commencé à dévorer ce bouquin. C'est une mine d'or d'informations sur l'histoire véritable de la IPA, sur toutes les versions historiques et modernes du style, ainsi que sur les techniques de brassage, une multitude de recettes, etc... Je le recommande à tous!

Cette lecture me donne plein d'idées... D'abord, j'avais prévu faire une grosse bière style Barleywine anglais pour les 60 ans de mon père, dans quelques 18 mois, et du coup de vais recréer l'ancêtre du Barlweywine, soit le Burton Ale du milieu du 19e siècle, ce qui serait, en gros, un SMaSH Maris Otter/EKG à 9% abv, 150 IBUs, vieilli pour plus d'un an pour atténuer l'amertume. Ça c'est fixé, et ça sera brasser bientôt (je vous en ferai part, évidemment!)

Il m'est venu l'idée de pousser encore plus loin et de recréer un truc qui pourrait ressembler aux Burton Pale Ale du 18e, les premières Pale Ale qui sont apparues en même temps que le malt blanc/malt pâle, et qui plaisaient beaucoup à tout le monde en Indes ou les Porters, Stout et grosses brunes n'étaient pas toujours si rafraichissante en ce climat chaud et humide. Bref, l'idée va comme suit. Je sais pas quand je la brasserai, mais certes, je le ferai un de ces quatre. J'aime tout ce qui est historique, et j'aime bien rendre hommage aux gens qui sont passés avant nous, qui faisaient des miracles avec pas grand chose!!!

Malt

Le malt blanc est arrivé quand on a passé du malt sur feu de bois au maltage au charbon. On pouvait maintenant créer des malts pâles, et sans gout de fumé! Les bières pâles sont devenues signe de pureté, un peu comme le champagne, et l'objectif était alors de créer des bières les plus pâles et limpides possibles. Le malt blanc était malté à environ 1.5L et ressemblerait au Pils moderne. D'ailleurs, le pils tchèque est né après que des espions aie étés envoyés en Angleterre pour voir ce fameux malt blanc. Donc, pour le bien de la recette, je pensais prendre du pils anglais, mais comme c'est une denrée plus que rares, je me suis tourné vers le pils le plus pâle et le plus clean possible, soit le Extra Pale Pilsner Malt de chez Weyermann.

Houblon

Le East Kent Golding est la variété la plus ancienne, et déjà au 18e, c'était LE houblon préconisé par les brasseurs, donc le choix est assez facile à faire. Les bières étaient houblonnées d'une façon plus que démesurée (Eh non, petits américains, c'est pas vous qui z'avez inventé les ''hop bombs''). Les chiffres dans le bouquin sont en livres par barril, et j'ai fait des petits calculs rapides, en comptant que le EKG était alors autour de 4%aa, les versions ''export'' pouvait être houblonnées jusqu'à 200 IBUs, voire même plus, et houblonnées à cru dans le barril durant tout le voyage.

Eau

L'eau de Burton-on-Trent est tout à fait particulière. Au temps de l'industrialisation, ce petit village est devenu l'hôte de près de 30 brasseries commerciales, c'est dire à quel point l'eau était convoitée. La dureté excessive de l'eau, sa teneur en calcium et en sulfate, faisaient en sorte que ces bières étaient plus limpides, moins propices à l'infection, donc plus faciles à exporter, et l'amertume du houblon ainsi que sa saveur étaient plus marqués. Je vais donc recréer un profil qui se rapproche de cette eau. J'ai fait quelques calculs rapides, et c'est ridicules la quantité de sels à ajouter... mais bon! :mrgreen:

Levure

On avait pas encore compris au 18e que la levure était un micro organisme vivant qui était responsable de la fermentation alcoolique. Par contre, on avait remarqué que sans elle, on avait pas de la bière, alors on récupérait la levure d'un brassin à l'autre. Selon les témoignages dans les archives, on peut affirmer que très souvent, voire même à tout coup, la fermentation secondaire impliquait des brettanomyces dans les barriques. On peut aussi parler de pediococcus et de lactobacillus, mais les bières qui étaient qualifiées ''acides'' n'étaient pas appréciées. Si on tient compte du l'énorme taux d'alcool (entre 10 et 12%), on peut penser que les pedio/lacto n'étaient pas présentes après fermentation (j'ai lu que la tolérence est autour de 8%). Par contre, les bactéries auraient pu se retrouver dans le mout avant fermentation, lors du refroidissement à air libre, et donc acidifier le mout avant fermentation.

Donc, l'idée pour ma fermentation, c'est de fermenter en primaire avec une Saccharomyces anglaise très tolérante en alcool. Je pense à la WLP007/Dry English Ale, ou alors tout simplement à la Nottingham. Par la suite, en secondaire, ajout de la WLP665 Belgian Sour Mix qui contient sacch/brett/pedio/lacto. Les brettanomyces feront leur travail de secondaire, comme cela se passait dans les tonneaux, et si les bactéries résistent au taux d'alcool, elles en feront de même. Ou alors mettre uniquement les Brettanomyces Claussenii, qui est LA souche de Brett anglaise... c'est à voir.

Brassage

Le rinçage des drêches n'était pas encore connu. Par contre, on pouvait faire 3 ou 4 bières avec les mêmes grains. Le premier jus était pour les grosses bières type ''export'' ou ''October'', et c'est ce qui m'intéresse. Pour les autres, la gravité allait en diminuant, et on en faisant des bières de table. Pour ma part, je crois que par soucis d'efficacité et de logistique (me faudrait plus de matos, plusieurs ébus, donc différentes marmittes de différentes tailles, etc...), je vais tricher et procéder par rinçage des drêches sans par contre trop forcer pour avoir une haute efficacité. Les températures d'empâtage mentionnés dans le livre ne s'appliquent pas vraiment aujourd'hui... on parle de températures entre 75 et 85 pour les différentes étapes d'empâtage. Je vais donc plus me fier sur la description de la bière et des densités initiale/finale pour établier une température de brassage adéquate (j'imagine autour de 65°C).


Ébu

On préconisait une ébullition faible pour diminuer l'effet de Maillard et donc garder un moût le plus pâle possible. Je vais donc procéder ainsi. On parle aussi d'ébullition de plusieurs heures. Je compte bien y aller pour 2-3 heures pour arriver à ma densité.

Vieillissement

Ces bières étaient vieillies pendant 2 à 3 ans avant d'être embouteillées ou servies. Pour les versions Indiennes, en général, on parlant de 1 an de vieillissement avant de les envoyer sur le bateau, voyage d'une durée de 6 mois. Le vieillissement adoucissait l'amertume du houblon (à 300 IBUs, pas le choix, heh!) et clarifiait la bière. Vous aurez donc compris que cette expérience va être longue pour moi :cry: :cry: :cry:


Recette, finalement ***Des modifications on été effectuées, suivre le topic pour les voir***

La recette est pour 17L, parce qu'avec le matérial que j'ai pour l'instant, je peux pas faire plus. Je vais perdre environ plus de volume avec le houblon, donc je penserais récupérer une cuve de 11.3L pleine que je ferrai vieillir 2 ans, et le reste embouteiller hâtivement pour se décaper les gencives :mrgreen:

8.500 Kg Pilsner
150g East Kent Golding FWH + 120m
75g East Kent Golding 60m
75g East Kent Golding 30m


Copeaux de chêne en secondaire. Évidemment, on peut pas passer à côté, mais je vais aller faiblement avec la dose, car les barriques étaient traitées pour laisser passer le moins d'arômes de chêne possible. Je vais peut-être les passer à la torche, comme ils faisaient.

Monopalier à 65°c

DI autour de 1100

Ce qui fait un potentiel d'alcool de 11%, mais ça c'est sans compter ce que vont apporter les brettanomyces.

Le seul point qui reste encore mystérieux, c'est le Dry Hopping. Les bières étaient systématiquement houblonnée à cru, mais je comprends pas tellement si le houblon restait dans les barriques pendant toute la fermentation secondaire (donc plusieurs moins/années). Donc je sais pas, je vais peut-être mettre un peu de houblon en secondaire et les laisser là pendant des années ( :think: ) et/ou en remettre avant l'embouteillage. D'ailleurs, l'embouteillage, c'est un autre truc, mais ça ira dans 2-3 ans.

Je vous invite tous au Québec à l'été 2015 pour une dégustation!
Dernière modification par luthierbrasseur le 15 mars 2013 18:32, modifié 1 fois.
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Re: Burton Pale Ale 18e siècle

Message par Timothé »

Risqué, mais ça donne envie !
Sur le fait de laisser le houblon plusieurs mois en secondaire, perso je le tenterais pas... ca me semble un peu risqué et je suis pas sûr que ça apporte grand chose côté arôme. D'une manière ou d'une autre les arômes du houblon ont tendance à disparaître assez rapidement, pas sûr qu'il reste grand chose après 1 an ou plus de fermentation ?
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Re: Burton Pale Ale 18e siècle

Message par belgiumfanatic »

Deja superbe explication :clap: ensuite , attendre aussi lontemp pour avoir un resultat inconnue...chapeau,
moi je vient en 2015 pour ca et la lambic !
ou au pire, je te depose l argent, et tu me l envoie par fedex :lol:


il est dit dans ta description

Eau

L'eau de Burton-on-Trent est tout à fait particulière. Au temps de l'industrialisation, ce petit village est devenu l'hôte de près de 30 brasseries commerciales, c'est dire à quel point l'eau était convoitée. La dureté excessive de l'eau, sa teneur en calcium et en sulfate, faisaient en sorte que ces bières étaient plus limpides, moins propices à l'infection, donc plus faciles à exporter, et l'amertume du houblon ainsi que sa saveur étaient plus marqués. Je vais donc recréer un profil qui se rapproche de cette eau. J'ai fait quelques calculs rapides, et c'est ridicules la quantité de sels à ajouter... mais bon! :mrgreen:

C est valable pour les bieres foncé seulement non? autant de sels? j ai connaissance ( faible) que les bieres avec beaucoup de sels mineraux servait pour les stouts , et pas les pale? ou je me trompe?

interessant en tout cas ton bout d histoire!

merci!
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Re: Burton Pale Ale 18e siècle

Message par luthierbrasseur »

Clair qu'il va me falloir beaucoup de patience!

Pour ce qui est du houblon je crois que c'est vrai, le houblon ne servirait a rien pendant si longtemps. C'etait plutot pour la conservation. Peut etre que je pourrais faire un DH de 2 semaine en primaire pour imiter. Ou ajouter de l'aromatique a 10 et 20m.

Pour l'eau, au contraire c'etait parfait pour les pale ales, le calcium aide a la clarté et aux aromes du houblon... C'est pas dans les idéaux standards d'aujd... Mais le but c'est de gouter à l'histoire donc...

Pour le malt j'hesite encore.. Niveau couleur le pils c'est parfait... Mais je sais pas si au niveau du gout on était plus près du marris otter ou du deux rangs standard (us ou canadien). Peut etre ferai-je un 50/50 pils maris otter
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Re: Burton Pale Ale 18e siècle

Message par luthierbrasseur »

Ca m'amène à me poser cette question: la différences entre les malts (disons entre le Pils, le Marris Otter et le 2 rangs Pale Ale) vient plutot des techniques de maltage ou alors de la provenance de l'orge?

Si la technique de maltage a plus d'influence que l'orge, alors j'imagine que le pils serait le meilleur malt à utiliser car ce qu'on cherchAit pour ces bières était le malt le plus pâle, clean possible, ce qu'est le pils, j'ai l'impression.

Après, si la provenance de l'orge a un certain impact non négligeable alors la j'irais plus avec un 2 rangs britannique style MO, mais là c'est réputé pour être plus foncé et sucré au final, ce qui va un peu à l'encontre de ce qui est recherché ici, soit un fini sec, clair, rafraichissant, etc

Z'en pensez quoi?
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Re: Burton Pale Ale 18e siècle

Message par brasseriefernande »

luthierbrasseur a écrit : Ca m'amène à me poser cette question: la différences entre les malts (disons entre le Pils, le Marris Otter et le 2 rangs Pale Ale) vient plutot des techniques de maltage ou alors de la provenance de l'orge?
Les deux :D . Pils et pâle sont des nom liés au maltage. Marris Otterserait une variétée. 2 row est un phénotype.
Il existe une espèce d'orge qu'on cultive dans le cadre du brassage, divisée en 2 sous espèces:
- 2 rangs, ou de printemps, idéal pour le brassage selon certains critères
- 6 rangs, ou escourgeon, l'orge alakon qui pousse bien mais sur lequel les malteurs ne se jettent pas dessus
Parmi ces 2 sous-espèces il existe des tas de variétés, les malteurs ou les coopératives peuvent pourquoi pas faire des mélanges pour coller aux critères.
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Re: Burton Pale Ale 18e siècle

Message par luthierbrasseur »

brasseriefernande a écrit :
luthierbrasseur a écrit : Ca m'amène à me poser cette question: la différences entre les malts (disons entre le Pils, le Marris Otter et le 2 rangs Pale Ale) vient plutot des techniques de maltage ou alors de la provenance de l'orge?
Les deux :D . Pils et pâle sont des nom liés au maltage. Marris Otterserait une variétée. 2 row est un phénotype.
Il existe une espèce d'orge qu'on cultive dans le cadre du brassage, divisée en 2 sous espèces:
- 2 rangs, ou de printemps, idéal pour le brassage selon certains critères
- 6 rangs, ou escourgeon, l'orge alakon qui pousse bien mais sur lequel les malteurs ne se jettent pas dessus
Parmi ces 2 sous-espèces il existe des tas de variétés, les malteurs ou les coopératives peuvent pourquoi pas faire des mélanges pour coller aux critères.
Je vois, tous deux sont des deux rangs, maltés différemment. Donc en théorie mon idée de prendre le pils n'est pas stupide. Reste ensuite à savoir si la contribution de l'orge allemand par rapport à l'orge britannique est bien différente, mais en même temps, d'une façon ou d'une autre, on est sûrement loin de l'orge du 18e, et puis après le passage des brett, il ne devrait rester grand résiduel.

C'est que du. Oté US, kn me dit de prendre du Marris Otter ou du pale ale américain, mais au fond mon idée de base était la bonne.
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Re: Burton Pale Ale 18e siècle

Message par belgiumfanatic »

luttier je te suggere un truc simple:

si le maris otter n existait pas a l epoque de la biere que tu veut faire, n en met pas, met du pils

si le maris otter existait , ....et bien met le!
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Re: Burton Pale Ale 18e siècle

Message par luthierbrasseur »

belgiumfanatic a écrit :luttier je te suggere un truc simple:

si le maris otter n existait pas a l epoque de la biere que tu veut faire, n en met pas, met du pils

si le maris otter existait , ....et bien met le!
Ni l'un ni l'autre n'existait, voilà le problème.
Un gars sur un forum US vient de me dire que autant le Maris Otter que le Pils sont très loin de ce qu'était le White Malt, autant côté maltage que côté orge. Il dit avoir lu quelque part que la meilleure reproduction du white malt était une mix 50/50 de Lager Malt et de English Pale Malt... Bon. Maintenant, c'est de les trouver, ces malts qui courent pas les rues.
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Re: Burton Pale Ale 18e siècle

Message par belgiumfanatic »

luthierbrasseur a écrit :
belgiumfanatic a écrit :luttier je te suggere un truc simple:

si le maris otter n existait pas a l epoque de la biere que tu veut faire, n en met pas, met du pils

si le maris otter existait , ....et bien met le!
Ni l'un ni l'autre n'existait, voilà le problème.
Un gars sur un forum US vient de me dire que autant le Maris Otter que le Pils sont très loin de ce qu'était le White Malt, autant côté maltage que côté orge. Il dit avoir lu quelque part que la meilleure reproduction du white malt était une mix 50/50 de Lager Malt et de English Pale Malt... Bon. Maintenant, c'est de les trouver, ces malts qui courent pas les rues.

Oui mais en meme temp la biere que tu veut faire ne court pas les rues non plus :D
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