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Dahut
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Création d'une micro brasserie

Message par Dahut »

Bonjour

Je m'appelle Gwendal,22 ans, habitant en Savoie(73).
Je suis tombé sur votre forum car je cherche des informations sur la création d'une micro-brasserie. Je suis actuellement en BTS agricole et dans mon rapport de stage je doit traiter du projet des mes maitres de stage qui consiste à créer une petit brasserie. J'aimerai savoir si vous pourriez m'aider, vous experts en la matière, pour trouver différentes informations comme les coûts du matériel, les prix possibles, les volumes conseillés pour une structure qui sera là en plus d'une autre activité et peut être d'autre chose si ca me revient.

D'après les informations que j'ai déjà collecté, je pense qu'une micro brasserie 100-200l serait une bonne taille.
Pour la commercialisation, le travail est déjà fait et je connais les futures débouchés.
Sur les points fabrications, j'ai déjà pas mal d'information mais d'autres sources peuvent être utile quand même.

Voila. J'espère ne pas vous importuner avec mes questions et je vous remercie d'avance.

A bientôt :wink:
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The Submarine Captain
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Re: Un petit nouveau en quete d'information

Message par The Submarine Captain »

Dahut a écrit : D'après les informations que j'ai déjà collecté, je pense qu'une micro brasserie 100-200l serait une bonne taille.
Pour en tirer un salaire ? oublie !
Dans le contexte français à moins de 500l/brassin, tu passes ton temps à brasser et tu n'as pas le temps pour le reste: embouteillage, commercialisation etc.
(et ici en Suisse, avec le niveau de charges, c'est 800l minimum par brassin pour s'en tirer honnêtement.)

Un autre point qui tue et rend certains brewpubs calamiteux niveau maturité des bières est que la capacité de garde doit être calculée en fonction des pics de consommation (en été, par exemple) et non sur une conso moyenne lissée sur l'année...
Toutes les opinions se valent, mais certaines ont un budget marketing annuel de 100 millions d'Euros derrière elles. (Tim Webb)
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olivierpicard
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Re: Un petit nouveau en quete d'information

Message par olivierpicard »

Hemm, Captain, je me permettrai de nuancer quelque peu tes propos, en dégustant une excellente Schartz Matten de notre ami Jacek reçue ce matin, excellente comme toutes ses autres bières dont je me délecte depuis la réception du colis. Bref, comme on dit.
La rentabilité ne se juge pas uniquement sur un volume de production. Et l'intérêt d'un "salaire" dépend de son besoin: la situation n'est pas la même quand on a 25 ans, une femme étudiante, deux gosses et moults crédits à rembourser, et quand on en a 50 bien tassés, gosses partis, maison payée et plus aucune charge sérieuse et incompressible...
Donc le projet doit être adapté en fonction de la situation personnelle.
Perso à chaque fois que l'on me demande une étude je pars comme ça : 1 - De combien as tu besoin pour vivre selon tes critères de vie ? 2 - Ces critères sont ils modifiables ? - 3 Qu'en pense ta (ou ton) compagne (gnon) ? - 4 Peux tu travailler sans rien gagner pendant un an ? - 5 Quel est ton environnement commercial ? (région, image, terroir, concurrence, etc...). De ce besoin de recettes découle naturellement le calcul des moyens à mettre en face pour y arriver. De là on déduit la taille de l'installation à prévoir. Et les moyens financiers éventuels à mobiliser. Ce n'est pas forcément beaucoup.
Et ce n'est pas forcément 500 L : zut on va dire que je fais de la pub mais tant pis ! les picos que je construis permettent de brasser 160 L par jour sans souci et coûtent 2500 €. Est ce énorme ?
Il suffit d'en mettre 2 en parallèle pour brasser 640 L par mois en deux jours de brassage seulement. Intensifs quand même, d'accord. :? Le coût moyen tout compris fleurtant avec les 1€ / L emballage et étiquetage compris et le prix de vente constaté entre 5 et 6 €/L, cette marge brute de 3200 €/mois permet d'espérer non pas une grosse voiture rouge pas très écolo, mais au moins un revenu sympa et régulier. Et il est très facile de le doubler.
Bien plus rentable qu'une installation de 10 HL qu'il faut faire tourner chaque jour rien que pour la payer !
Je suis convaincu qu'il existe un marché pour des micro-brasseries de dimension locale sachant allier production d'une petite quantité de bière de haute qualité à des prestations annexes (chambres d'hôtes, ateliers créatifs comme scrapbooking ou gravure sur verre, cuisine, peinture, décoration, bricolage, équitation, mais aussi découverte de la ferme, de la culture, de l'élevage, du lien entre les deux et de la difficulté que cela représente, etc...). Pour moi le potentiel est véritablement énorme. L'idéal est bien sûr d'avoir un projet à deux, l'un s'occupant de la brasserie / malterie / houblonnière / stages et formations, et l'autre des activités "créatives" ou "fermières".
Bon je délire un peu, c'est à cause de la bière à Jacek...Vraiment superbe ... pour les amateurs d'IBUS. :D
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Tibouli
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Re: Un petit nouveau en quete d'information

Message par Tibouli »

Salut,
J'aime bien tes "délires" olivier !
Je possède d'ailleurs l'exemplaire n°95 de ton excellent ebook et j'envisage bientôt de me faire ma petite pico.
Petite ? Oui mais comme une grande ! :lol:
Oui, petite car pour l'instant, je préfère faire des brassins de 20 litres afin d'en faire davantage, pour trouver et peaufiner des recettes qui me plaisent , bref de faire des bières qui me donnent vraiment satisfaction et ça, pour moi qui n'était pas un gros consommateur de bières de qualité, il n'y a que le temps et les brassages qui ne pourront me l'apporter.
A force tous les WE de faire goûter mes bières, je commence à avoir une idée de celles qui sont réussies. :D
Donc, pour l'instant, les 80 litres par brassin ce n'est pas pour moi.

jean-charles
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Dahut
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Re: Un petit nouveau en quete d'information

Message par Dahut »

Merci pour l'attention apportée à ma demande.

Je me suis fixé une brasserie 100-200 litres car j'ai précisé, je l'avoue pas forcement de façon très claire, mais cette brasserie serai en plus d'une activité déjà existante. Mes maitres de stage sont agriculteurs et plus précisément chevriers, ils souhaitent trouver une activité complémentaire pour diminuer la taille de leur troupeau laitier (certaines activités deviennent trop pénibles).

Le projet consiste donc à remplacer des chèvres par des litres de bière.
Par exemple, ils ont actuellement 50 chèvres qui permettent de générer une marge brute de 31000€ sans les subventions, si je part sur une réduction de 20 bêtes, il faut que j'arrive à déterminer combien il faut que je fasse de litre de bière à coté pour combler le manque au début et pour être plus rentable par la suite. Mais mon problème est que je manque de donné d'ordre économique et des idées du cout du matériel donc si vous avez des sites ou des gens à contacter je suis preneur.
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The Submarine Captain
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Re: Un petit nouveau en quete d'information

Message par The Submarine Captain »

olivierpicard a écrit : La rentabilité ne se juge pas uniquement sur un volume de production. Et l'intérêt d'un "salaire" dépend de son besoin: la situation n'est pas la même quand on a 25 ans, une femme étudiante, deux gosses et moults crédits à rembourser, et quand on en a 50 bien tassés, gosses partis, maison payée et plus aucune charge sérieuse et incompressible...
Donc le projet doit être adapté en fonction de la situation personnelle.
Oui, chaque projet est différent, par rapport à tes charges, tes besoins, etc., mais de démarrer trop petit pose vite problème quand la boîte sa établi sa réputation en local, que la demande augmente et que c'est pas possible de faire face. C'est con, mais s'il suffit d'un article de journal élogieux ou d'une récompense à un concours qui provoque une augmentation de demande pour mettre la boîte en difficulté, je suis pas sûr que ça soit sain...

Et bien sûr que mon chiffre à 500l par brassin sur France et 800l en Suisse est un raccourci abusif, mais y'a deux-trois choses qui m'ont amené à ce genre de valeur indicative.
olivierpicard a écrit : Et ce n'est pas forcément 500 L : zut on va dire que je fais de la pub mais tant pis ! les picos que je construis permettent de brasser 160 L par jour sans souci et coûtent 2500 €. Est ce énorme ?
Il suffit d'en mettre 2 en parallèle pour brasser 640 L par mois en deux jours de brassage seulement. Intensifs quand même, d'accord. :? Le coût moyen tout compris fleurtant avec les 1€ / L emballage et étiquetage compris et le prix de vente constaté entre 5 et 6 €/L, cette marge brute de 3200 €/mois permet d'espérer non pas une grosse voiture rouge pas très écolo, mais au moins un revenu sympa et régulier. Et il est très facile de le doubler.
Bien plus rentable qu'une installation de 10 HL qu'il faut faire tourner chaque jour rien que pour la payer !
Sur le papier, ça m'a l'air relativement correct...
Mais honnêtement, pour avoir vu il y a déjà une dizaine d'année un brasseur vraiment doué s'épuiser sur une installation trop petite au point de jeter l'éponge et disparaître totalement de la circulation, dégoûté, et en avoir vu, depuis, quelques autres galèrer dans un stress permanent pour cause d'installations trop petites, là, je me permettrai de faire mon Saint Thomas, et j'attendrais de voir une boîte qui tourne et survit plus de trois ans sur le modèle que tu avances (en assurant une qualité correcte du produit) avant de conclure que c'est modèle viable...

Partir à 150, ou même à 300 litres en tablant sur deux brassins par jour pour produire assez me semble un peu illusoire sur la distance. Parce que les filtration galère, les bugs en cours de route, les catastrophes à rattraper et qui rallongent le processus d'une ou deux heures sont une réalité même pour un brasseur organisé et rigoureux, et là, le deuxième brassin dans la journée, tintin...

Et là, tu parles d'installations neuves, si j'ai bien compris ? Le matériel d'occasion (spécifique de brasserie ou pas, genre laiterie, viticole) est une alternative à ne pas oublier.
Oui, une 10hl neuve n'est pas un bon calcul en termes d'amortissement pour commencer, mais entre ça et une cuve à lait d'occase de 5hl avec les à-côtés, y'a une marge... (Oui, ça impose une certaine aptitude mécanique et à la bidouille, l'occase, c'est un fait.)

Franchement si c'est pour démarrer avec un relatiement petit tonnage, c'est AMHA un meilleur calcul de commencer avec des cuves de brassage offrant de la marge, et avoir un plus petit nombre de cuves de fermentation et de garde, quitte à complèter le parc de ce côté par la suite (donc locaux avec suffisament de marge pour le faire)... la contrainte est évidemment que cela ne permet pas d'assurer une gamme de 12 bières de front.. mais autant commencer avec trois produits bien maîtrisés.
olivierpicard a écrit : Je suis convaincu qu'il existe un marché pour des micro-brasseries de dimension locale sachant allier production d'une petite quantité de bière de haute qualité à des prestations annexes (chambres d'hôtes, ateliers créatifs comme scrapbooking ou gravure sur verre, cuisine, peinture, décoration, bricolage, équitation, mais aussi découverte de la ferme, de la culture, de l'élevage, du lien entre les deux et de la difficulté que cela représente, etc...). Pour moi le potentiel est véritablement énorme. L'idéal est bien sûr d'avoir un projet à deux, l'un s'occupant de la brasserie / malterie / houblonnière / stages et formations, et l'autre des activités "créatives" ou "fermières".
Certes, sur le papier, y'a du potentiel, mais ça signifie quand même que le brasseur fonctionne en solo et est soumis à l'usure inhérente à ce genre de situation. Là aussi, c'est plus sur la base de constats empirirques sur des situations réelles que je parle, mais les brasseries où travaillent au moins deux personnes (même si c'est dans une séparation brassage vs. commercial) ont à mon humble avis des brasseurs dont le regard sent moins l'épuisement et le doute après quelques années...
olivierpicard a écrit : Bon je délire un peu, c'est à cause de la bière à Jacek...Vraiment superbe ... pour les amateurs d'IBUS. :D
Oh ben oui qu'elles sont bonnes ! Et pourtant Jacek est même pas le plus méchant de la horde en termes d'IBU :lol:

Santé !

Laurent
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Re: Un petit nouveau en quete d'information

Message par olivierpicard »

Dahut, si tu as bien lu mon post précédent cela te donne quelques éléments de calcul ! Si tu veux plus d'infos --> MP.

Ravi d'avoir cette discussion avec toi, Captain !
Captain a écrit : Oui, chaque projet est différent, par rapport à tes charges, tes besoins, etc., mais de démarrer trop petit pose vite problème quand la boîte sa établi sa réputation en local, que la demande augmente et que c'est pas possible de faire face. C'est con, mais s'il suffit d'un article de journal élogieux ou d'une récompense à un concours qui provoque une augmentation de demande pour mettre la boîte en difficulté, je suis pas sûr que ça soit sain...
Tout à fait ! C'est le problème de son objectif de départ : le gars doit se poser la question: "Est ce que je veux développer mon affaire et conquérir le Monde ou bien est ce que je me contente de mon petit marché régional , ou même local ?" La question est là, car tout l'investissement qui suit en découle, et la stratégie aussi.
On n'est pas obligé de satisfaire toute la demande en cas de gros succès, il n'a jamais été interdit de refuser des clients, la preuve c'est ce que je fais assez couramment. :oops: Cela laisse la place à d'autres ! Il suffit d'un assez petit nombre de fidèles pour assurer la survie d'une installation telle que je la propose. Compte seulement 1 bouteille de 75 cl par semaine et par client (ce qui est très peu), cela te donne une idée...640 litres = 850 bouteilles, soit ...200 personnes fidèles. Tu peux les trouver quasiment dans ton quartier.

Pour le problème de la croissance, la brasserie n'est pas différente de n'importe quelle entreprise industrielle: des fonds propres généralement insuffisants, les apports en capital ou en compte courant, etc...
Si la boîte se met en "difficulté", c'est parce que le dirigeant n'a pas anticipé, ou que ses ambitions dépassent ses capacités, de lui même ou de ses actionnaires. Il faut alors soit changer la boîte, soit changer le dirigeant. Ce qui arrive souvent une fois passées les premières années de forte croissance !
Captain a écrit : Sur le papier, ça m'a l'air relativement correct...
Mais honnêtement, pour avoir vu il y a déjà une dizaine d'année un brasseur vraiment doué s'épuiser sur une installation trop petite au point de jeter l'éponge et disparaître totalement de la circulation, dégoûté, et en avoir vu, depuis, quelques autres galèrer dans un stress permanent pour cause d'installations trop petites, là, je me permettrai de faire mon Saint Thomas, et j'attendrais de voir une boîte qui tourne et survit plus de trois ans sur le modèle que tu avances (en assurant une qualité correcte du produit) avant de conclure que c'est modèle viable...
Pourquoi s'est il épuisé ? Pourquoi n'a t'il pas pu investir dans une install plus importante ? Pas de soutien financier ? Pas de dossier ? Pas de vrai projet pour convaincre ? Ou simplement pas d'offre matérielle adaptée pour aller plus loin à un coût compétitif ? Ce sont là les vraies questions. Encore une fois ce n'est pas propre à la brasserie, c'est valable pour n'importe quelle entreprise. Et cela rejoint ce que je disais plus haut : le dirigeant doit être changé quand il ne peut plus assumer la croissance de sa propre boîte, sauf...bon je ne vais pas répéter !
Captain a écrit : Partir à 150, ou même à 300 litres en tablant sur deux brassins par jour pour produire assez me semble un peu illusoire sur la distance. Parce que les filtration galère, les bugs en cours de route, les catastrophes à rattraper et qui rallongent le processus d'une ou deux heures sont une réalité même pour un brasseur organisé et rigoureux, et là, le deuxième brassin dans la journée, tintin...
Là dessus c'est discutable, parce que justement mon système est tellement simple qu'aucun bugg n'est possible, puisque l'asservissement est constitué d'un thermomètre pour la prise de mesure, d'un robinet de gaz pour le réglage de l'actionneur, et de la main (et une toute petite partie de son cerveau) de l'opérateur pour la partie PID. :D
C'est vrai que le point faible, c'est la filtration, qui prend 1/4 d'heure quand tout va bien mais 1 h quand tout va mal...Mais je travaille à améliorer cela.

Mais sur le fond tu as raison: ma solution est faite pour un brassam' qui veut lancer une petite prod en dilettante, pendant les RTT tant que ça existe encore, les week ends et tous les temps libres. Ca lui permet de tester son produit, tout en ayant une capacité de production suffisante pour avoir quelque chose à vendre sans y passer ses nuits, et sans que cela ne coûte trop cher. En gros, ceux qui m'en ont acheté ou les ont construites eux-mêmes donnent un retour sur investissement de 4 jours de brassage, 5 au pire. Donc abordable. Mais ce n'est pas fait pour produire en masse pendant des années, là on n'est plus dans les mêmes matériels.
Captain a écrit : Certes, sur le papier, y'a du potentiel, mais ça signifie quand même que le brasseur fonctionne en solo et est soumis à l'usure inhérente à ce genre de situation. Là aussi, c'est plus sur la base de constats empirirques sur des situations réelles que je parle, mais les brasseries où travaillent au moins deux personnes (même si c'est dans une séparation brassage vs. commercial) ont à mon humble avis des brasseurs dont le regard sent moins l'épuisement et le doute après quelques années...
A voir... :wink:
olivierpicard a écrit : Bon je délire un peu, c'est à cause de la bière à Jacek...Vraiment superbe ... pour les amateurs d'IBUS. :D
Oh ben oui qu'elles sont bonnes ! Et pourtant Jacek est même pas le plus méchant de la horde en termes d'IBU :lol:
Santé !
Laurent[/quote]

En effet, certains ibueurs veulent pousser le bouchon...Je doute quand même sur l'impact commercial en dehors d'un petit nombre d'initiés.
Bon je dois stopper, je n'ai même pas fini de rédiger le support de cours de mes stagiaires apprentis brasseurs pour demain matin 8 h pétantes... :roll:
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Re: Un petit nouveau en quete d'information

Message par davy »

sacré olivier !!!!....

pourquoi fait tu peur au petit nouveau, le pauvre! :pray:
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leurne
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Re: Un petit nouveau en quete d'information

Message par leurne »

Bienvenue à tooooi!
Dis voir... Ton histoire de chèvre.... Je me demandais, tu serais pas en BTSA à l'ENILv de la Roche? :)
En tout cas, avec la discussion qu'il y a entre captain et olivier, tu as de quoi faire!
The Submarine Captain a écrit : Oh ben oui qu'elles sont bonnes ! Et pourtant Jacek est même pas le plus méchant de la horde en termes d'IBU :lol:
hu??? Tu sais pas d'ailleurs à combien elle est? Car j'ai bu ma bouteille de redfox IPA et c'est claire qu'elle est super! Mais là j'viens de boire une hardcore IPA et niveau amertume, la redfox IPA n'est pas comparable :lol:
Les deux sont très bonne, mais la redfox... Un gros coup de coeur... Puis l'histoire de la création de la brasserie et le fait qu'il soit Français leur donne un gros avantage ;)
D'ailleurs c'est un bon exemple de passage à l'amateur vers le professionnel! Et ils ont l'air de bien s'en sortir!



[quote="olivierpicard"
Ravi d'avoir cette discussion avec toi, Captain ![/quote]

Ravi de lire votre discussion trèèès interessante! :dance:
Mon petit blog de brasseur amateur débutant http://brassam.redheberg.com/
Bouteille : Ambiorix Brewferm, Stout Muntons, SMASH Simcoe, Blanche de moman, Bière du garagiste, Rochefort 7,5, IPA Coco
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Re: Un petit nouveau en quete d'information

Message par The Submarine Captain »

olivierpicard a écrit : Ravi d'avoir cette discussion avec toi, Captain !
Moi de même !
olivierpicard a écrit : On n'est pas obligé de satisfaire toute la demande en cas de gros succès, il n'a jamais été interdit de refuser des clients, la preuve c'est ce que je fais assez couramment. :oops: Cela laisse la place à d'autres ! Il suffit d'un assez petit nombre de fidèles pour assurer la survie d'une installation telle que je la propose.
Attention, y'a client et client... si c'est genre une médaille à un concours, c'est plus les cavistes qui vont t'assièger, et c'est assez facile de refuser. Mais dans des plans genre exposition médiatique soudaine, et que la brasserie fait de la vente directe... là, ce sont des particuliers qui débarquent d'un coup en bien plus grand nombre qu'auparavant, et te dévalisent.
Honnêtement, là, tu fais quoi ?
Tu les envoies ch*er sur le mode "non, on vous vend rien, les fidèles d'abord ?"
olivierpicard a écrit :Pour le problème de la croissance, la brasserie n'est pas différente de n'importe quelle entreprise industrielle: des fonds propres généralement insuffisants, les apports en capital ou en compte courant, etc...
Si la boîte se met en "difficulté", c'est parce que le dirigeant n'a pas anticipé, ou que ses ambitions dépassent ses capacités, de lui même ou de ses actionnaires. Il faut alors soit changer la boîte, soit changer le dirigeant. Ce qui arrive souvent une fois passées les premières années de forte croissance !
Ben justement, anticiper, c'est comme je le disais sur mon premier message, planifier en termes de pics de consommation, pas en conso lissée, et en termes 'évolutivité des locaux et de l'installation... ce qui signifie la prévoir assez grande au départ. CQFD

Ensuite, les ambitions, c'est pour les gens qui font ça par passion de la bière plutôt que par opportunisme ou par calcul, c'est généralement purement local. Pas l'intention de jouer les maîtres du monde...
Mais ceux qui font ça par passion sont justement souvent ceux qui vont nous sortir de bons produits, innovateurs, typés, avec un caractère, une identité propre, donc qui vont se faire une réputation au-delà de la région de production, et déborder du cadre prévu à l'origine... Et ça, franchement, c'est pas quelque chose que tu calcules ou que tu planifies au départ, le fait que ta bière vacartonner sur un bouche-à-oreille.
olivierpicard a écrit :Pourquoi s'est il épuisé ? Pourquoi n'a t'il pas pu investir dans une install plus importante ? Pas de soutien financier ? Pas de dossier ? Pas de vrai projet pour convaincre ? Ou simplement pas d'offre matérielle adaptée pour aller plus loin à un coût compétitif ? Ce sont là les vraies questions. Encore une fois ce n'est pas propre à la brasserie, c'est valable pour n'importe quelle entreprise. Et cela rejoint ce que je disais plus haut : le dirigeant doit être changé quand il ne peut plus assumer la croissance de sa propre boîte, sauf...bon je ne vais pas répéter !
Tu te places purement d'un point de vue entrepreneuriel, là...
Je soulèverais juste un "détail": que les brasseurs sont des êtres humains, avec une vie personnelle, familiale, privée etc. et que des conditions de travail d'une pénibilité en principe gérable peuvent d'un coup ne plus l'être, parce qu'il y a accumulation de facteurs extra-professionnels par-dessus l'aspect professionnel...
Choisir de changer de métier pour passer brasseur pro, c'est devoir regarder en face que 10 ou 15 ans plus tard, on risque d'encore être dedans... et que, quels que soient les objectifs et les besoins énoncés au départ dans le business plan, la situation personnelle et privée du brasseur peut avoir radicalement changé, et pas qu'une fois, dans ce laps de temps...

En outre,ne pas pouvoir investir dans une instllation plus importante, c'est poser la question du bailleur de fonds... la chose a l'air un tout petit peu plus facile en France, mais en Suisse, demander un financement d'une banque pour démarrerune brasserie, c'est comme dans l'HoReCa, par défaut c'est non.
Le seul que je connaisse qui ait pu le faire en Suisse, c'est parce qu'il avait une part dans une entreprise qui tournait déjà, et a pu goupiller un truc avec la même banque...
Donc lancement de micro, ou même agrandissement d'une affaire qui tourne déjà , c'est malheureusement, la plupart du temps, sur des bases trop serrées côté financier, et donc à coups de matériel d'occasion et de bricolages plutôt que du neuf. Donc on travaille sur le fil au niveau pénibilité... docn prévir uen capacité suffisante sur les cuves de brassage pour ne pas devoir multiplier les brassins, c'est une mesure simpel parmi d'autres pour limiter la casse sur le plan humain.
olivierpicard a écrit :
Captain a écrit : Certes, sur le papier, y'a du potentiel, mais ça signifie quand même que le brasseur fonctionne en solo et est soumis à l'usure inhérente à ce genre de situation. Là aussi, c'est plus sur la base de constats empirirques sur des situations réelles que je parle, mais les brasseries où travaillent au moins deux personnes (même si c'est dans une séparation brassage vs. commercial) ont à mon humble avis des brasseurs dont le regard sent moins l'épuisement et le doute après quelques années...
A voir... :wink:
C'est tout vu, et malheureusement trop vu... :(
olivierpicard a écrit :
En effet, certains ibueurs veulent pousser le bouchon...Je doute quand même sur l'impact commercial en dehors d'un petit nombre d'initiés.
Portant la co-responsabilité d'un petit monstre à 110 IBU qui passe très bien même auprès de personnes rétives à l'amertume, je te dirais que l'IBU est une chose, mais que l'enjeu est ailleurs... pour s'en rendre compte, c'est souvent plus simple de passer par quelques échantillons (genre au off à St Nic' y'a eu quelques révélations là-dessus, des changements radicaux de perception des choses...)

Le problème est de construire ta bière correctement. Et de construire ton houblonnage, et en fonction du reste. Au-delà de 60 ou 80 IBU, ça sert en principe plsu à rien de continuer à charger, c'est juste très amer, la perception fait un plateau...
Sauf que c'est la perception d el'amertume, et tu peux encore faire une sacrée différence en poussant le curseur de ton houblonnage pour limiter l'impact en amertume et gonfler l'impact en aromatique, donc houblonnage en continue, fin d'ébu, whirlpoop, hopback, hoblonnage à cru... ça fait un bout de temps que certaines brasseries nord-américaines l'ont compris (Russian River avec leur Pliny the Elder étant une des plus notoires), certains Scandinaves, Danois en particulier, sont pas loin derrière... et en France ou en Suisse on a quelques micro-brasseurs qui ont pris le pli et sortent des trucs qui font peur sur le papier mais qui cartonnent même avec un public profane...

Au derneir mondial de Strasbourg, Jacek était tout surpris que la Red Fox soit la bière qui cartonne, alor qu'à priori c'est la moins "facile"...
ça m'a pas surpris, perso... ce genre de plan, c'est pas la première fois que je le voyais, et de loin.
Par exemple le carton en termes de ventes de l'India Pale Ale de Trois Dames, de ce côté-ci du Jura, malgré un 65 IBU et une amertume qui claque bien en finale, est bel et bien dû au fait que tout un public potentiel, souvent féminin d'ailleurs, redécouvre l'amertume, sous forme d'amertume aromatique, et adore ça !...
Pareil en Belgique, où la Brasserie d ela Senne s'est taillés sur Bruxelles une belle réputation et des tonnages pas négligeable avec la Taras Boulba et la Zinnebir, qui sont poussées sur le houblonnage aromatique... la Taras Boulba, avec ses 4,5%, aurait d'ailleurs trouvé les faveurs de pas mal de buveuses...

Bref, croire que les bière plus houblonnées touchera uniquement un public de spécialistes, c'est AMHA se fourrer le doigt dans l'oeil profond... au contraire, c'est se donner l'occasion d'aller chercher un public qui paraît-il n'aime pas la bière, en bousculant l'image négative de l'amertume qu'il a. Mais faut savoir comment on va construire sa bombahoublon...

Enfin, comme on dit au Front Hexagonal de Libièration: Libièrez-vous !
Toutes les opinions se valent, mais certaines ont un budget marketing annuel de 100 millions d'Euros derrière elles. (Tim Webb)