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"Tu es bière et sur cette bière je bâtirai mon empire"
La Soeur d'Arthur Guy Nèsse
"Tu es bière et sur cette bière je bâtirai mon empire"
La Soeur d'Arthur Guy Nèsse
Eric Asimov du New York Times News Service a écrit : Les bières de fermes brasseries égalent les grands vins
Les microbrasseurs Américains réalisent de splendides versions de bières Belges et Françaises.
Certains amateurs de bières posent la question suivante : pourquoi le vin est il vénéré comme une boisson complexe, sophistiquée, présente sur toute les tables d’amateurs de bonne chair, alors que la bière est souvent écrasée au rouleau compresseur ?
Bonne question, même si en confrontant la bière au vin on se trompe d’ennemi. Ce sont les grosses compagnies brassicoles qui ont détruit la réputation de la bière par leur publicité en donnant à l’amateur de bière l’image d’un gros lourd. Mais les vrais amateurs sont en croisade pour prouver que les bières traditionnelles, et pas les cochonneries de supermarché, sont aussi raffinées que peut l’être le vin.
Je ne veux pas rentrer dans une bataille pour savoir ce qui est le meilleur de la bière ou du vin : est ce que la peinture vaut mieux que la sculpture ? Mais je sais que la bière peut se révéler aussi complexe et intrigante que le vin.
Exhibit A est une ale de ferme-brasserie, et historiquement le produit d’une société agricole.
Avant la réfrigération, quand l’été était trop chaud pour brasser, les fermiers de Belgique francophone et du Nord de la France brassaient en hiver et au printemps pour conserver jusqu’à l’été.
Aujourd’hui ces bières Belges, connues sous le nom de ‘saisons’, sont généralement légères et âpres, avec une amertume croustillante qui peut être délicieusement rafraîchissante. Parfois elles sont épicées par l’ajout de poivre, écorces d’orange ou autres épices et herbes, mais elles partagent toute une acidité et complexité qui vous laissent une irrésistible envie d’y regoûter.
Les bières Françaises, bières de garde, ont tendance à être plus foncées, plus terreuses et maltées, et à avoir des parfums plus herbeux ainsi qu’une touche de douceur plutôt qu’amertume.
Aussi différents que peuvent être ces deux styles, ils ont beaucoup en commun. Ils sont généralement conditionnés en 75cl, comme le vin, avec des bouchons et sont traités sérieusement par les quelques brasseurs Belges et Français qui les produisent. Ces styles sont devenus progressivement populaires avec les microbrasseurs américains, qui ont obtenus des résultats excellents. Et, ainsi que trois autres amoureux de la bière en plus de moi-même l’avons remarqué lors d’une session de dégustation, ces bières d’été sont une excellente cuvée !
Nous sommes tous impressionnés par leur grande qualité. La plupart des bouteilles étaient fraîches, ce qui est souvent un problème avec les bières importées si elles ne sont pas transportées avec précaution et réfrigérées. Les bières de garde avaient un goût de noix. Les saisons étaient plus fruitées et « vineuses », une appréciation qui devrait à la fois satisfaire et faire enrager les amateurs de bière.
Comme nous goûtions les saisons, dans leur magnifique robe orange pâle, et les bières de garde, aux nuances variées d’ambre, je me suis senti transporté dans la campagne préindustrielle des Flandres quand des bières comme celles-ci étaient consommées non seulement comme rafraîchissement, mais aussi pour leur qualité nutritive et leur pureté, parfois en étant même plus saine que l’eau potable.
C’était une sensation plaisante, même si purement imaginative, car les recettes écrites ou descriptions d’anciennes fermes brasseries sont rares.
Ainsi, les brasseurs ont un grand champ d’expérimentation, et les styles qui prévalent aujourd’hui ont peu à voir avec ce qui était typique de l’époque. Pour une raison notamment, les bières de fermes brasseries sont aujourd’hui beaucoup plus fortes en alcool (généralement 6 à 9 %) que celles qui soutenaient les ouvriers agricoles il y a quelques centaines d’années. En fait, quelques uns pensent que le nom de bière de garde aujourd’hui n’est que du pur marketing.
Ce peut être vrai, mais les 11 bières de garde que nous avons goûtées avaient plus de points communs en terme de corps, texture et parfum que de différences. Notre favorite, la Choulette Ambrée, était aussi complexe qu’une bonne Burgundy, déjà tellement harmonieuse.
Nous avons aussi apprécié la Choulette de Noel. (Vous voyez, ce n’est pas juste pour l’été). Cette bière, même si moins alcoolisée, avait pourtant des parfums plus terreux, et comme la plupart des bières de garde serait délicieuse avec du fromage.
Deux seulement des bières de garde étaient Américaines, mais toutes étaient en lisse. La Bière d’Art de HeavyWeight Brewing nous a particulièrement impressionnés avec sa texture crémeuse et sa complexité herbeuse et épicée.
Autant j’ai apprécié les bières de garde, autant j’ai aimé la tension nerveuse des saisons, dansantes sur la langue avec une légèreté qui échouent rarement à vous rafraîchir.
Dupont est probablement le producteur le plus fameux de saison, et nous avons tous adoré la Moinette, une bière de substance et subtilité.
L’autre bière Américaine est une autre saison typique, brassée par Pizza Port à Carslbad (Californie). Cette bière, SPF 8, a remporté de nombreux prix dans divers cercles biérophiles, et il était facile de voir pourquoi. « Fameuse, vineuse et sombre », c’est ainsi que la décrivait un des dégustateurs, et oui, à la différence des autres saisons, qui étaient de couleur orange, celle-ci était noire comme une stout, avec pourtant la saveur d’une saison.
Hélas, ces ales de fermes brasseries Américaines comme la Southampton et Pizza Port ne sont pas faciles à trouver. Parfois il faut aller jusqu’à la brasserie. Les bières Françaises et Belges sont plus largement distribuées. Toutes peuvent tenir tête au snobisme vinophile le plus déterminé.
Les bières présentées représentent une sélection de celles disponibles généralement dans les magasins spécialisés en bonnes bières. Leurs prix sont variables.
"Bière qui coule n'amasse pas mousse"
Captain Bigleux