Après une longue absence, il est de retour, et il est pas content. Si je suis content, vous en faites pas.
Je rappelle à l'attention de ceusses qui ont oublié qui c'est le mec Etienne : je suis le spécialiste du brassage radin, je refuse catégoriquement d'acheter du matos, j'estime qu'avec un peu de bon sens on peut parfaitement faire sa bière avec ce que tout le monde a dans sa cuisine.
Vous aurez compris, j'ai soigneusement évité d'utiliser un logiciel qui aurait tout calculé ce que je pouvais de toutes manières pas mesurer, faute de balance de cuisine (pourquoi faire, au juste ?)
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Alors je vous donne la recette telle que je l'ai exécutée avec mon voisin et néanmoins ami Jean-Marc :
1) Destruction des grans de malt. Je dis pas concassage parce que tout le monde dit qu'un moulin à café ça bousille la drèche. C'est possible. Mais voilà dans ma cuisine c'est déjà limite tricher d'avoir un moulin à café électrique, hein ! Trois cuillers par trois cuillers, à quatre secondes à chaque dose, j'ai moulu :
- Sept fois "RIZ 400 G" (selon mon verre doseur en plastique, mais je suppose que ça pèse moins que le riz...) de malt Munich
- Une fois "RIZ 400 G" de malt caramel
- Une fois "RIZ 200 G" de malt chocolat (malts d'origine ETAVOBRA)
2) Dans ma fidèle cocotte minute SEB inox 8 litres millésimée 1975, j'ai commencé à faire chauffer 4,5 litres d'eau du robinet du neuf-trois, avec le thermostat de ma vitrocéramique un poil en-dessous du chiffre 3
3) J'ai placé le "sac à brasser" dans la cocotte, et balancé mon malt moulu
4) Et de touiller pendant un certain temps (peut-être environ une demi-heure) le tout. C'était très épais, et je sentais bien que la temérature n'était pas égale du tout dans la mixture, il fallait vraiment bien mélanger. Grosso-merdo, le thermomètre m'a fait imaginer que j'avais du faire un palier autour de 54°C.
5) Après ce temps certain, j'ai passé le thermostat juste un poil au-dessus de 3 ; pendant environ une demi-heure, ça faisait office de palier vers les 62°C. En début de ce palier j'ai remis un demi-litre qui m'a paru partir par évaporation.
6) Ensuite, j'ai passé carrément mon thermostat à 6, pour donner le coup de feu, et après une grosse dizaine de minutes on avait vraiment trop mal aux bras. Il était temps de passer à la suite
7) Filtrage : on a extrait le sac à brasser bouillant de la cocotte, et on a commencé à le faire égoutter posé sur une passoire au-dessus du récipient de fermentation. On tapait dessus avec la spatule pour presser le moût et le faire cracher, quand ça a commencé à être un peu moins brûlant on tâchait de le tordre.
9) Dans le fond de la cocotte, on a fait chauffer un peu d'eau dans laquelle j'ai jeté environ 20g de houblon sauvage de Romainville (voir mon post sur les coins à houblon), et 30 de Saaz en cônes. Enfin, quand je dis 30 grammes, j'ai un sachet de 100 grammes, j'ai eu l'impression d'en mettre environ un tiers... On a fait bouillir à peine cinq minutes, jeté le filtrat dans le moût, puis rincé encore deux autres fois, la dernière à l'eau froide
10) Au total pour le rinçage j'avais utilisé un peu plus d'un bidon de cinq litres d'eau de source "de montagne" faiblement minéralisée ; j'ai balancé dans le moût un autre bidon de 5 litres, conservé dehors (janvier...) pour que l'eau soit fraîche et fasse baisser vivement la température du moût.
11) Fini, le moût était autour de 30°C, j'y ai jeté ma levure (Muntons Gold) mise précédemment à réveiller dans un verre avec un peu d'eau et un peu du premier moût prélevé
12) Placé dans un local tempéré à 19°C (c'est vrai que c'est pratique un thermomètre...), une fois la température raisonnablement rafraîchie j'ai mesuré une densité de 1045, avec le densitomètre qui me promet 7 volts... ouah, je ne m'attendais pas à faire une extraction aussi efficace !
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Bien entendu, je viendrai vous confirmer que tout ça aura fermenté (sans barboteur) avec succès, puis vous faire un compte-rendu de dégustation (ça prendra du temps, j'ai l'habitude de faire une garde d'un mois au frais). Mais d'ores et déjà mes observations :
- Le moulin à café électrique, c'est jouable. J'avais un peu peur que ça ne donne de la gelée en chauffant, ou des choses de ce genre, mais non.
- Le sac de brassage c'est très bien, rien à dire, ça n'attache pas dans la cocotte, le filtrage me semble suffisant. Faudra voir le produit fini, mais avec ma garde super-longue je pense que l'essentiel aura floculé avant la mise en bouteilles, héhé.
- La cocotte 8 litres, c'est limite, mais il semble qu'avec on puisse faire un brassin d'une taille raisonnable de 12 à 15 litres (moyennement alcoolisé) sans trop s'emm.nuyer
- Avec ma méthode d'eau de source en bidons mis au frais, je fais suffisemment baisser la température pour obtenir quelque chose d'habitable par les levures
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Voilà, si Jean-Marc n'y voit pas d'inconvénient, je pense qu'on l'appellera "la non-fumeurs", en souvenir de ce jour merveilleux d'aujourd'hui, à partir duquel je peux aller boire une bière dans un bar et avoir une chance de connaître son goût




