je ne passe plus trop souvent, car la vie fait que je suis très occupé avec le travail 50 heures par semaine, mais je continue de brasser quand même un minimum.
On (avec un ami ) a un petit projet en gestation depuis quelques temps, mais on est très très embêtés par les lois et règlements ici.
Le gouvernement est à deux paliers fédéral et provincial donc il faut obtenir les autorisations nécessaires pour les deux et payer forcément aux deux.
Là ou ça fait mal, c'est le tarif du billet d'entrée annuel: 3 573 $ en dessous de 200 000HL au provincial.
Au moins on peut vendre dans un circuit commercial, sinon il y avait une licence moins chère, mais ca ne permet de vendre que sur place.
Dans la province, le prix de la bière a un minimum fixé en fonction de la teneur en alcool, ainsi que du format: https://www.racj.gouv.qc.ca/fileadmin/d ... J-1048.pdf
Il ne faut pas oublier de payer les droits d'accise au fédéral non plus : http://www.cra-arc.gc.ca/F/pub/em/edbn8/edbn8-f.pdf
Voilà en gros, ça se fait, mais il faut dépasser un certain volume pour être (vraiment rentable) et le marché sature un peu trop à mon goût.
Des micros brasseries, il y en a à la pelle.
La bière c'est bien, mais on veut aller un peu plus loin avec un étape de plus après la fermentation, la distillation.
Et là c'est le drame !
Enfin, on peut distiller avec une licence.... mais pas vendre !
( La distillation d'alcool est interdite, mais tolérée pour usage personnel )
Il règne ici encore des relents de prohibition passée, et on est en train de se battre pour arriver à faire quelquechose qui tienne la route.
Il y a un autre français expatrié qui se bat lui aussi pour son produit: des eaux de vie.
Son prix de revient est a 32$, et il devrait être vendu 120$.
Pour ceux qui ne savent pas, ici au Québec, mais c'est la même chose dans les autres provinces, la prohibition fait que les alcools forts ne peuvent être vendus que par la Société des Alcools du Québec, un monopôle d'état.
On peut avoir un permis pour produire, mais si on veut vendre sur notre propre sol, on ne peut vendre qu'à la SAQ, et si elle accepte le produit.... car il faut qu'elle accepte, elle le vendra avec une marge bien au delà des 100% !
Ça c'est bien entendu en plus des accises et taxes de vente.
Il y a une distillerie à Toronto qui vends ses produits sur place ainsi que dans le réseau Ontarien par leur équivalent de la SAQ, et qui vient de soulever un énorme problème, car il est en procès avec leur régie des alcools.
En fait, il conteste le fait qu'en vendant sur place, il soit obligé de reverser un markup de 139% à leur régie.
Ce montant, la marge, ne devrait être appliquée que si la régie distribue leur alcool. Or il est appliqué même en vendant sur place, ce qu'il dénonce comme étant une taxe dissimulée et allant à l'encontre de la constitution, car une province ne peut imposer de taxe que si elle a été autorisée par le gouvernement fédéral.
Si ça aboutit, le problème va aussi se poser au Québec, remarque il se pose déjà, car si je veux importer du vin ou de la bière, il faut que je passe par la SAQ. La SAQ importe le liquide, et me le revends.
Oui, oui.... je paye tout, achat, import etc, la seconde ou le produit touche le sol canadien SAQ se l'approprie et pour me le revendre ensuite à un prix de dingue.
Nous en sommes donc, à voir comment on va s'en sortir avec la paperasse et le circuit imposé.
Bien entendu, quand on discute un peu avec les organismes on revient toujours à: la protection du public des effets néfastes de l'alcool ou la langue de bois ou des réponses toutes faites.
De ce que je vois, discute et lis, les alcooliques préfèrent de toute façon aller acheter deux caisses de bière pour le prix d'une bouteille d'alcool.
Des membres des AA, on en connait et on en côtoie.
Petite note: notre premier ministre veut légaliser le cannabis... mais niveau alcool non
Ici il y a de très bonnes bases céréalières pour faire un produit de qualité, et les gens sont à la recherche de ce genre de produits.
La demande est croissante, et les acheteurs de ces produits sont très modérés sur la consommation.
Voilà donc le projet en cours.
