Oui, ce genre d'affaire est un terrain glissant, et la tentation d'observer un silence radio est compréhensible... mais justement, sans forcément entrer dans les détails spécifiques de l'affaire (au passage ça se congratule à ce sujet sur le site du Bloc Identitaire, alors qu'il n'y a à mon humble avis pas de quoi pavoiser... mais ils on leur reconnaîtra l'honnêteté de diffuser aussi le communiqué de Tri Martolod) c'est un cas d'école très intéressant sur les risques d'instrumentalisations sur le terrain "local" ou "identitaire" auquel des brasseries peuvent être confrontées.
Le "produit local" est un des arguments les plus solides dont disposent les petites brasseries et les micros. Mais ils ne sont pas seuls sur ce terrain. D'une part il y a les entrepreneurs opportunistes qui font produire des bières à façon ailleurs pour les vendre comme bière locales... et justement, il y a les mouvements politiques de nature identitaire, avec leurs à-côtés genre centres culturels etc. (qui ne sont pas ouvertement politiques, c'est là l'astuce...),qui peuvent être tentés d'employer la bière comme vecteur populaire de communication...
Confrontés à ce genre de demandes, la position d'une brasserie devient délicate : soit on livre et on peut donc donner l'impression de cautionner le mouvement ou l'évènement. Soit on refuse de livrer, et on risque une escalade, menaces de procès etc. qui permettent de se faire de la publicité sur le dos de la vilaine brasserie. En gros, la voie à suivre est peut-être bien de jouer au con...
Bref, connaissant un des brasseurs de Tri Martolod, ils doivent vraiment l'avoir saumâtre de s'être fait piéger de manière aussi grossière...

Toutes les opinions se valent, mais certaines ont un budget marketing annuel de 100 millions d'Euros derrière elles. (Tim Webb)