On pourra débattre longtemps là-dessus vu qu'on est dans le domaine de l'interprétation...
Exemple : balance une oud bruin, une gueuze ou une double IPA à un brasseur allemand ou Suisse Alémanique, et il est très possible que tu entendes en retour un truc du genre "c'est pas/plus de la bière !" (assorti, pour la double IPA, de gros mots genre "lésions corporelles")... juste pour dire à quel point c'est subjectif, lié à une culture locale et aux habitudes établies du sujet.
De l'autre côté, les définitions légales ne correspondent plus à la réalité du marché (cf la définition légale suisse, qui parle de matières premières amylacées ou sucrées, et exclut de fait toute autre épice que le houblon:
http://www.admin.ch/ch/f/rs/817_022_110/a40.html et
http://www.admin.ch/ch/f/rs/817_022_110/a41.html donc techniquement, selon la loi suisse, la blanche de type belge n'est pas de la bière, vu que y'a coriandre et curaçaõ dedans...)
Pommes de terre ? Apparemment, ça a été fait au 19e siècle (avec du malt à côté), sous le nom de bière, Ian Hornsey le mentionne dans "A history of beer and brewing", si ma mémoire est bonne...
Prenons le cas des bières de banane d'Afrique équatoriale. Difficile de les appeler vins, la banane n'étant pas un fruit. Vu la nature amylacée de l'engin, ça serait plutôt une bière.
Ou les bières sans gluten, qui ne contiennent généralement pas d'orge, et qui commencent vraiment à ressembler de plus en plus à quelque chose de buvable (cf. la
G-Free de St Peters par exemple...)
Donc c'est aussi "pas de la bière ?"
Si j'arrive à une délimitation relativement minimaliste "amylacé/non amylacé" pour définir la bière, c'est vraiment parce que c'est applicable dans la pratique, basé sur un critère indiscutable, en laissant le moins de zones grises possibles. Et accessoirement parce que j'ai bossé suffisamment longtemps par le passé dans une boîte qui s'occupait entre autres de marques d'indications géographiques et d'appellations plus ou moins protégées, pour savoir qu'il est illusoire de prétendre protèger un terme aussi peu spécifique que "bière". Les dommages sont déjà faits, le terme galvaudé, les enjeux sont ailleurs.
Enfin, c'est mon avis et je le partage...

Toutes les opinions se valent, mais certaines ont un budget marketing annuel de 100 millions d'Euros derrière elles. (Tim Webb)