(Et il est bien tôt - Rien à faire, je vais peut-être m'habituer à la fin à ce décalage entre le coucher tard et/ou lever tôt selon les jours et le job...?)
Je n'ai vraiment pas le courage de poster des photographies à cette heure, question de tri et de redimensionnement, mais promis, comme je pars en vacances (en quoi???) oui, en vacances dimanche, je vais me faire un plaisir de vous faire un super post tout ficelé tout bien foutu de la suite (et fin?) de mes (nos?) aventures pendant que Dave regardera la télé là haut.
En gros, après une année et demi de bonnes galères rigolotes (et encore, rien n'est figé, surtout concernant les galères) ben j'ai ouvert...
Oui, j'ai ouvert ma brasserie.
Welcome to Paradize Land.
Bon, j'ai ouvert mi septembre, mais j'ai presque aussitôt fermé, non pas que j'ignore que brasseur soit un métier somme toute assez dangereux, mais bon, j'ai eu un pépin perso brass dont certains d'entre vous ont eu vent et qui m'a un temps soi peu handicapée dans mes mouvements et j'ai presque aussitôt fermé. Très con.
*Merdasse, pas de bol, les clients commençaient à venir, et ces derniers ont été tout étonnés lorsque
LE MERCREDI 14 OCTOBRE 2009
(enfin - une feinte encore?)
La Brasserie "Le Paradis" avait les volets violets ré- ouverts et les tables (nappées
(Et même partout sur la façade, avec toutes les petites conneries déco qui vont avec, conception personnelle de l'accueil! Mais j'aime bien le jardinage des fleurs surtout, et la façade de la brasserie ne fait surtout pas exception)
J'adore le zinc, les nains et les vraies fleurs. ben n'empêche, ça marche grave.
Bon, pour bien résumer en gros, je me suis fait dévaliser, j'avais (oui, j'avais) une très très bonne bière (j'en ai gardé qques unes pour St Nic pour avoir votre avis pour le moins pointu, va être dur de plus y toucher avant de vous voir), une Renée Léonide juste potable car trafiquée, de la bonne pression, etc
Pas facile à prendre en main une pico géante, sans doute la raison pour laquelle je n'ai pas nourri ce post adoré par pudeur et/ou honte de l'échec. (Mais qui ne se casse pas la gueule après tout?) Tout s'apprend et je suis une putain de tête de vache, et même pas arrivée encore au bout de mes peines je pense.
Que serait l'existence sans inconnu?
Je vends donc mes bières à Blainville sur l'eau (Blaintown sur Bière lorsque ce sera rebaptisé) et j'ai toute sorte de clients : des élus, Madâââme le Maire, des Blainvillois retraités, des rmistes blainvillois, des travailleurs blainvillois, des sportifs, des flics, des pompiers, des étudiants, des ingénieurs... Nancéens, lunévillois, einvillois, maixois... j'ai même vendu pour le Var, Saint-Etienne, le Lot et l'Ardèche!
(Si Xav a un jour un retour de ma bière et qu'il tombe sur une Renée Léonide 1.1, franchement j'aurais honte.... Si c'est une Petite Sylvie, je redresserais timidement la tête)
C'est délire des touristes qui ont fait 1000 km pour acheter ta bière (Bon... Pas que pour moi les 1000 Km lol je le confesse! mais comment des fois ont-ils entendu parler du "Paradis" au point de venir le dimanche à 20 heures t'acheter de la bière et voir tes gamelles???
A moi les galères de l'étiquetage tardif, des pannes d'étiquettes car pas de thunes, des commandes, des clients, pas de cartons, mais des chouettes sacs en papier très classes etc...
C'est vraiment très drôle et très complet (bien que complexe toutefois, on va pas se voiler la face concernant l'acte ultime de production - Car si c'était si facile de vendre de la bière (enfin surtout de la faire ET de la vendre), tout le monde s'y mettrait, d'autant que c'est franchement pas rentable pour ma part pour le moment. Mais je m'en fous, je mange tous les jours et mon fils aussi après tout. Plus difficile d'orner une playstation, mais bon.
C'est drôle. Maintenant au bar, j'ai des petits jeunes qui passent, des nanas qui viennent parler de leurs problèmes de fesses sans complexes avec leur copine devant moi qui racle l'eau de la salle de brassage, leurs amants, leurs rencards, les retraités qui aiment bien le lieu, leur chien, leur maquerelle, les élus qui se donnent rencard après leur réunion, les potes aussi (!) Dave maintenant me prend les bières par caisse de 12 pour honorer les commandes de son boulot. C'est mon meilleur commercial, et il a même pas de com, et fait même pas de pub, les consommateurs se démerdent entre eux.
pfiouu, je vous jure, je ne sais plus où donner de la tête. C'est pour cette raison d'ailleurs que mon foutu post est un peu mort. je poste bien ça et là, mais raconter une aventure pareille, c'est plus dense que donner son avis sur un chauffe eau ou un filtre.
Vous dire, mon site internet est toujours aussi... amateur, j'ai même pas les horaires sur la porte, ni sur le site du reste, ni les bières que je propose. Alors que je vois bien que les stats explosent.
mais bon, le plan positif c'est que je m'emmerde pas, et un job - aussi dur soit il, mais pour soi, à 25 mètres de chez soi, bah, bof, pourquoi ne pas y croire après tout, à terme.
Au pire, je rachèterais 2 cuves (A ma taille, je les adore mes cuves)
Les gens sont bien contents, on me réserve la salle de brassage pour des soirées privées. Pourtant chez moi, vous le savez, c'est petit. Tout le monde trouve ça trop mimi, et aime et achète de la bière. Et sont bien contents. Pourtant, la salle de brassage, je vous jure que c'est pas l'arrache non plus. C'est blanc (et violet pour les vieilles boiseries que j'ai gardées) de l'inox et une vieille paillasse dans un coin, vraiment pas de quoi faire un gros flanc.
Comme quoi. Je me souviens d'un truc "Fais pas de la bière trop houblonnée, pas commercial bla bla..."
Ben putain, je vous jure qu'il faut pas trop prendre les consommateurs pour des branquignolles qu'on croit - rien n'est perdu : mon top du top c'est ma pale ale first wort ET dry hoppée au cascade (Bon, ok, excessif, mais c'était un test et du coup sur la petite cuve - sans dry hop mais levure WhiteLabs california Pale Ale, et grosse cuve - vendue- danstar Notthingham avec dry hop en plus, je sais même pas si je vais changer, au pire évoluer dans la même gamme) c'est quand même vous dire si elle anesthésie quand même un temps soi peu les côtés de la langue et même le milieu dans son genre, ben ils se l'arrachent, et même, ils se la fourguent entre eux, et j'ai des coups de fil pour savoir s'il en reste encore. Sont très contents de cette arrivée de goûts différents. Dire que ça va durer, je ne saurais dire, mais bon, je vais surfer sur la vague d'un œil distrait en voyant les derniers warriors acheter des valises RTL au champion et pis si ça tourne au vinaîgre, je recherche un job, point barre. (Mais j'aurais une micro chez moi
Pour des tiseurs de BurgBrau, d'Heinek' , kro et Kanter, je suis assez pantoise que ça marche aussi! Y'en a qui depuis ont acheté...
TADAAM
De la 3 Monts au SuperMarket (entre autres) et qui viennent me le dire, voire, me la montrer dans leur coffre (Quand je fais une truc de préférence...) Moi je trouve que c'est quand même une petite victoire sur le goût et LE message qu'on souhaite passer, non?
En tout cas, je fais de la pub pour notre mouvement : Les bières de Xav, Gwen, et Bandiat ont été bien appréciées, (sauf un : trou du cul) et ça fait bien plaisir.
(Mais là, ça fait longtemps que je n'en possède plus, et ne peux plus participer à la promotion du mouvement Bières Artisanales - Sans compter sans être mesquin, que ça coûte la pédagogie et la propagande active par l'exemple. Quelle Pédagogie!)
Petite anecdote perso tiens, pour recentrer :
Un samedi au bar de dégust : Un salarié Heineken/Fisher, un salarié Kro, et son employé, logistique Kro aussi : Pareil, plébicite sur la Petite Sylvie. je n'aurais pas cru venant de leur part.(Mais bon, ils sont tous salariés de la même boîte sans le savoir lol . Si, ils le savent, mais la gestion des ressources humaines font qu'ils sont concurrents, et ça n'a rien à voir avec le Paradis! Bientôt des suicides chez Inbev? Désolée, très mauvais humour.) Au moins, ça fait des gens intéressés par le process (y'en a peu qui finalement visitent l'unité de production avec intérêt) et pour la seconde anecdote "Il est ou ton filtre presse?"
- Mon presse quoi?
-Ta PRESSE?
- Vin diou quoi, désolée, je n'ai pas ta culture ni votre matos...
Jusqu'à tomber sur mon disque inox filtre de Zepto pendu au mur...
Enfin ça fait vraiment plaisir je vous assure des visiteurs comme ça. Ça soulage presque. Parce que nombreux s'en branlent.
Chose vraiment crevante de rire, mon doudou (s'il a le malheur de mettre les pattes à la brasserie le samedi, ce qui est plutôt rare vu la fatigue accumulée liée à son propre métier) se retrouve parfois à expliquer le process à des badauds si je sui avec d'autres;
je vous jure, c'est super crevant (et non dénué de vérité cependant, il faut rendre à César.. En même temps, il en a tellement bouffé des infos, qu'avec sa mémoire et sa logique, je vous jure qu'il se démerde pas trop mal, et c'est très suffisant pour le touriste de base.)
Mais c'est pas facile facile quand même, loin de là, vendre de le bière est une chose, la fabriquer avec régularité en est une autre. L'embouteiller avec hygiène encore une autre et le tout bouffeur d'énergie. (La taxe carbone, je vais raquer grave)
J'ai commencé à produire où il faisait jusqu'à 24 à la brasserie les vraiment meilleurs jours et travaux pas tout à fait fini, bonjour les risques (Refroidissement des cuves à la j'temmerde à l'aide de tuyaux et de mon précieux groupe froid et pompe python, je garde encore mes mètres de tuyaux soit rouges, soit cristal) maintenant c'est péniblement 15, toujours à la j'temmerde, je monte à 19/20 avec des oscillo tournants électriques. Mais ma salle de brassage a toujours été privilégiée question avance de travaux et hygiène, et jusqu'alors, je me suis bien démerdée avec.
Demeurent quelques problèmes électriques qui devraient se résoudre à mon retour avec un vrai pro du truc.
Mais bon, concernant la prod, même si au niveau de mes choix de matos (j'ai beaucoup plus claqué dans le local en fait par rapport à ce qui était prévu) si c'était à refaire, je ferais autrement certaines choses mais même pas toutes, mais nul n'est parfait et un autre métier, ça s'apprend quand même dans la sueur. Ce qui dans mon cas n'est pas usurpé au sens propre, lorsque je brasse ou sanite dans mon local bien peu volumineux.
Enfin, la tourmente passée, ben....
Je suis en panne... de bière.
J'ai tout vendu en un temps record et j'ai des pseudo commande sur de la bière pas faite sans aucune pub papier juste du bouche à oreilles (Sauf le journal du Blainvillois de ce mois ci où ils ne se sont même pas donné la peine de citer mon nom, alors que les 4 autres (MECS) ont le leur ET le nom de leur boîte, moi, juste le nom de la boîte, ce qui fait que certains novices sont étonnés d'avoir à faire à une nénette, faut croire qu'il n'y avait pas assez de lignes dans ce journal. N'empêche que lorsqu'il y a un mec présent un temps soi peu initié qui est là, ben, c'est à lui qu'on s'adresse.
M'en fout, j'ai mon estrade où je suis la reine du comptoir, de la cuve, du gaz et de la pression.
Et je les emmerde les myso, c'est moi qui fais les prix.
C'est MOI!
Bon sinon OK, j'en n'avais pas des masses de bière mais bon, quand même bien plus qu'en pico, et tout est parti.
A ce jour, j'ai vendu 7 Hecto.
Aussi, finalement, à peine ouvert, ben je referme. C'est couillon. Mais il faut se rendre compte que je n'avais pas envisagé les choses ainsi, j'avais un job à temps plein avant et ma société a été montée avec ce concept en tête. De toute façon, des cuves d'une autre dimension ne rentreraient pas par nulle part ici.
Mais je pars en vacances la conscience tranquille; Toutes cuves pleines pas trop mal, une bonne ambrée embouteillée prête à la vente à mon retour (Marie Madeleine - WW pour Burzum), je me doute que ce n'est pas facile d'assurer la continuité. Enfin, avec mes petites cuves, je n'ai pas fini de jober; Mais c'est pas un mal même si je suis super vermoulue sur le plan musculaire.
Enfin voilà quoi, je re re nettoie encore demain, je vérifie tous mes programmateurs et mes tempiotes, et pis je pars avec Dave Dimanche matin en BZH.
Ahhhhh! Que ne sais je le persuader à se rendre aux Remparts (1 heure 20 de chez nous) afin de déguster leur belle blonde... Enfin celle de Céline Rochefort. Yessss, enfin une nénette. Et croyez bien que je prendrais jamais le premier grouillo qui passe la raclette pour le brasseur.
Si on peut pas, tant pis, je me consolerais avec le bar de la Plage à Perros Guirrec avec des Philomenn pression, surtout que je suis pas pressée de conduire.
C'est dur le massen tourismus des fois.
Vive les vacances de brasseur tout compte fait.
Je sais pas quoi mettre sur ma pancarte "fermé jusqu'au..."
Fermé car plus de Bière, pas très pro
Fermé car en Stage de bières (au pluriel bien sûr, ambigu)
Je vais mettre
Fermé pour stage de Brasseries (au pluriel aussi) Car rien n'indique qu'on n'en visite pas plusieurs! Et ça fait plus sérieux (Question de standing)
Je regarderais d'un œil ce qui se passe sur le forum avec mon tél. mais surtout celui de mon chéri qu'il a trafiqué pour que tous nos portables surfent gratos dans notre antre bretonnante (Qui ferais une belle brasserie, j'ai l'œil qui brille à chaque fois que je vois notre garage sur 2 niveaux - Mais c'est over la brass' en Bretagne) Et au pire, je prépare mon post avec les photos de ma brassinnette d'amour pour (enfin) vous la présenter après tout ce temps (J'aurais jamais cru que même en bossant comme un âne, ça prendrais autant de temps... presque plus d'un an et demi. Faut dire qu'il y avait du taff)
Tous mes encouragement à Daniel et François qui sont encore bien dans les travaux. Olive aussi je crois, mais il produit déjà, non?
Bonnes vacances à ceux qui ne le sont pas - en même temps, ça va me faire plutôt drôle d'imaginer mon Paradis loin de moi, mais bon, là, je sens qu'il faut que je lâche du leste au niveau du couple, et ça tombe pas si mal, non???
M@rjorie





