Déjà je tiens à préciser que mon expérience est très limitée dans le brassage mais j'aime beaucoup comme nombreux.ses d'entre nous en cueillir pour cuisiner. Et du coup on sera sûrement d'accord sur le fait que parler de bière au champignons c'est un peu comme parler de bière au houblon. Je vais d'abord essayer de parler un peu des 2 que j'ai testé, et mentionné les dosages préconisé par une source plus solide que moi, et puis ensuite libre à toutes les personnes le souhaitant d'étoffer le sujet de leurs idées/expériences
Je pense que parler de sécurité et d'hygiène peut être intéressant également, mais très brièvement il faut du bon sens, si des personnes néophytes partent en cueillettes il faut s'assurer auprès d'un.e connaisseur.es pour l'identification, les pharmacies peuvent parfois fournir ce support gratuitement, et il y'a beaucoup d'associations de mycologie. Pour ce qui est de l'utilisation des champignons dans la bière, il n'y a pas de risques particuliers, a priori il s'utilisera comme tout autre ingrédient :
-si il est mis en pré-ébu : tout est pasteurisé pas d'infections,
-si il est mis post-ébu : selon comment il est rajouté (en bouillie pasteurisé/congelé/frais sorti de terre) il y'a plus ou moins de vies qui rentrera dans le brassin en même temps, plus ou moins pertinentes selon les styles de bière visées.
Ceci dit attention
Comme tout les autres ingrédients, les transformations éventuelles qu'on peut lui apporter vont modifier les palettes de goûts accessibles. En particulier le séchage des champignons ne permets pas simplement de concentrer leur goût, il y'a bel et bien une transformation chimiques qui permet d'atteindre de nouveaux arômes. Par exemple la langue de boeuf cru est acidulée et fraîche (lié à l'acide protocatéchique
Un point peut être intéressant, une liste non-exhaustive de champignons que j'aimerais essayer ou qui serait pertinent à brasser (mais il faut trouver dans quel bière) :
clitocybe anisé
bolet bai
langue de boeuf
oreille de judas
polypore en touffe
polypore souffré
pieds bleu
hydne pieds de moutons
Laccaire améthyste
Lactaire délicieux
Il y'a bien-sûr pleins d'autres beaucoup plus connus mais je voulais mettre en lumière des espèces qui sont moins commercialisé. Ce sont pour beaucoup des espèces facilement reconnaissables, avec une identité forte, et selon les régions parfois très abondantes. Je m'excuse par avance pour les personnes outre-mer, je ne connais aucune espèces hors du territoire européen alors je ne voudrais pas m'avancer à dire des bêtises.
Bon et puis bien-sûr, plus rien n'a pas été testé en brasserie, vous trouverez en France aux USA et ailleurs des brasseries qui ont testé beaucoup parmis le trio gagnant Girolle/trompette/cèpes, par contre j'ai mené l'enquête à Grenoble et ça a l'air d'être quand même peu répandu.
Trompette-des-morts
J'ai brassé une blanche à la trompette (séchée), j'ai mis 10g pour une trentaine de litres, on sent rien. Enfin je l'ai faite goûté à un brasseurs qui lui trouvait un petit goût lointain mais vraiment pas ce que je cherchais (à la base mon projet c'était de récupérer les notes d'abricot et de beurre que les trompettes séchées dégageait). J'ai reçu dela documentation que je ne pourrais sûrement pas publier ici pour une question de droits mais globalement dans la recette il y'a 30 grammes (séché) pour 18L de bière. C'est globalement rajouté en fin d'ébu/whirpool, rien d'exceptionnel, moi j'avais mis des baies de genévrier fraîchement cueillies avec pour soutenir le côté un peu boisé/résineux mais pareil on sent pas trop. Par contre à la couleur ça a donné un aspect un peu grisonnant à ma blanche, c'était pas spécialement beau ni moche, mais bon ça fait pas propre pour certain.es j'imagine.
Je pense que si je devais re-essayer j'en mettrais certainement plus que ce qui est recommandé, peut être 100/150g (sec) pour 30 litres, ça fait beaucoup mais j'aimerais vraiment trouver un dosage qui se goûte beaucoup et qui permet bien sentir la trompette et pas seulement de l’apercevoir de loin.
Chanterelle en tube
Exactement la même recette que trompette mais avec 20g de chanterelle en tube à la place. Séchée, elle dégageait des notes de noisettes très forte. Mais encore une fois y'en avait pas du tout assez. Les dosages recommandés frais/sec sont 700/200 g pour 20L environ. Donc je vais sûrement retenter avec ce genre de dosage si je mets la main sur une telle quantité à l'automne.
Je pense que le double usage sec/frais peut vraiment permettre d'avoir un palette complète, alors idéalement je mettrais une partie sèche à l'ébu et une partie fraîche en champignonnage à cru mais je voudrais d'abord évaluer l'impact des deux indépendamment.
Bon du coup ce post était peut être une arnaque car mon "retour sur expérience" c'est surtout le fait que j'ai pas réussi à sentir les champignons, je suis désolé pour ça, mais bon j'éspère que ça vous inspirera à partager et tester des choses !
Si vous voulez le détail de mes 2 brassins, j'ai mis ça sur mon journal mais c'est pas non plus super intéressant vu qu'on sent rien.
A+ dans les cuves,
Théo


