Salut les brassams !
J'arpente à nouveau le forum ces temps-ci, c'est la reprise après une petite traversée du désert ! J'ai été un peu occupé depuis 2 ans par l'arrivée d'un petit individu dans la famille

bon je le suis toujours j'avoue mais je devrais pouvoir me libérer à nouveau quelques créneaux brassage réguliers
J'ai quand même réussi à faire 3 brassins depuis la dernière fois, que des IPA, et oui je suis un peu monomaniaque mais j'avais
annoncé la couleur 
C'était du brassin "plaisir" sans prise de tête, histoire de pas trop perdre la main et refaire quelques stocks. Le résultat était correct sans plus, toujours assez frustrant en terme d'arômes vis-à-vis de ce à quoi les crafts de qualité m'ont habitué (coucou popihn, piggy, fauve...). Après j'ai certaines pistes d'amélioration assez évidentes.
Avec la reprise j'ai un problème de taille : mes ingrédients commencent à se faire (très) vieux : mes malts ont plus de 3 ans, mes houblons 4 ans ... auparavant je brassais bien plus régulièrement et je trouvais confortable de me constituer des stocks et de piocher dedans sans avoir à commander, mais c'est devenu un handicap : je me force à finir mes vieux stocks quitte à ce que ça impacte la qualité du résultat :/ Pour les prochaines commandes, vu mon nouveau rythme de brassage, je pense que je ferai au plus proche du "sur mesure" pour un ou deux brassins, même si j'y perds en frais de port. Donc premier objectif : travailler à nouveau avec des ingrédients "frais". Ca fera aussi du bien à mon rendement de brassage qui a chuté sous les 60 % et devient difficile à prévoir...
Avec mes contraintes de temps, j'ai arrêté la réutilisation des levures et je brasse plus qu'à la sèche. Ca fait gagner pas mal de temps, mais je désespère pas de faire un starter prochainement pour voir si je peux réanimer les zombies qui dorment au frigo depuis un bon bout de temps
En fait le gros chantier de la reprise, et ce qui me motive pas mal pour reprendre, c'est le passage à la fermentation sous pression et au conditionnement en kegs ! Finies les séances d'embouteillage et les armées de quilles à la cave

Et surtout en ligne de mire : sortir un jus de houblon digne de ce nom et éviter au max l'oxydation !
Je suis donc passé à la fermentation en keg, j'étais parti sur un Fermzilla à la base mais il lui manquait quelques millimètres pour rentrer dans mon frigo donc je me suis rabattu sur une solution plus basique, mais qui a l'avantage d'être pas trop cher, durable, robuste et réutilisable facilement pour m'en servir de keg de service par exemple si un jour mon matos évolue. L'inconvénient par rapport au Fermzilla c'est qu'on voit rien à travers

et qu'on est obligé de dépressuriser pour faire un DH.
Alors qu'est ce que ça va m'apporter par rapport aux dames-jeannes ou seaux classiques ? Dans les grandes lignes :
- Conditionnement en keg, pratique et rapide quand on maitrise un peu le process
- Possibilité de gazéifier directement dans le keg en utilisant le CO2 de la fermentation, donc gain de temps potentiel
- Possibilité de fermenter plus chaud sans produire trop d'esters grâce à la pression, donc là aussi gain de temps potentiel
- Possibilité de travailler entièrement sous CO2 pour réduire au max les risques d'oxydation, utile pour les styles très houblonnés
- Faire mumuse avec plein de jouets qui brillent
En pratique je fermente dans un soda keg 19L avec un "floating dip tube" (= la tige plongeuse est remplacée par un tuyau relié à une boule inox qui flotte sur la bière, de manière à la tirer par le dessus en laissant le dépôt intact au fond). Après fermentation, DH éventuel, cold crash, je transfère dans des minikegs de service : j'en ai 2 de 5L et un de 10L. Je sers depuis les minikegs, avec possibilité d'emporter facilement un de 5L chez des amis si besoin.
J'ai fait mon baptême du feu sur un brassin cobaye qui visait à écouler une partie de mon stock de vieux houblons : la bière répondant au doux nom de "#58 Hazy IPA Pacific Gem Cascade Summit". Bien sûr j'ai fait plein d'erreurs, ce serait pas drôle sinon
Parmi les grosses galères :
- j'avais trop rempli le keg et malgré la pression le krausen est sorti par la spunding valve (valve servant à régler la pression)...
- j'ai coincé un joint dans un connecteur intégré au keg, qui était manifestement pas fait pour être utilisé avec ce joint, du coup difficile de serrer correctement et d'avoir une bonne étanchéité, j'ai perdu tout mon CO2 pendant la fermentation

- pour relier le connecteur du keg à la boule flottante inox, j'ai pris un tube que j'avais sous la main, mais sans ajuster sa longueur : avec le froid du cold crash il s'est rigidifié dans une sorte de forme en queue de cochon et son embout a fini par sortir du liquide pendant le transfert dans le second minikeg... Ca a été sportif et à l'opposé de ce qui était prévu car j'ai du tout ouvrir, tout sortir, couper le tube, le chauffer, le remettre ... limite mettre les mains dans la bière quoi

Avant de comprendre le problème j'avais secoué le bouzin comme un bourrin et mal réglé ma spunding valve donc je pense avoir aspiré de l'O2 dans le minikeg purgé ... bref n'importe quoi ! Le premier minikeg a été plutôt épargné par l'oxydation mais pas le second !
Encore beaucoup d'autres choses à en dire, mais un peu comme après un premier brassin, malgré les galères on est content d'avoir appris plein de trucs et on a envie de remettre le couvert ! En tout cas c'est très cool de prendre en main ce nouveau matos et d'essayer de le maitriser

Et super satisfaisant de se servir depuis son fût à la pression
Pour le 2e brassin de la nouvelle ère je pense faire dans la sobriété et tenter une simple APA Athanum avec un sachet qui traine. L'idée étant plus de me concentrer sur le process que sur la recette, tout en assurant un truc buvable assez facilement. Je pense faire tout le houblonnage aromatique au hopstand pour éviter le DH et donc la dépressurisation.
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