Bon j'ai récemment tenté une IPA avec des houblons néozélandais (que j'ai pompeusement appelée "Pacific IPA" pour me la péter) mais le résultat n'est pas à la hauteur de mes attentes. Alors je viens vers vous pour analyser un peu tout ça. Y'a peut-être un truc ou deux qui m'échappent...
Coté recette :
Du Pale (76%), du Munich (15%), un mélange de Flocons bio (5%), du Cara-Bohemian 200EBC (2%) et un poil de sucre (2à3%) pour corriger un pti souci d'ébullition/évaporation et éventuellement sécher un peu la bière.
Houblons Rakau et Waiméa à tous les étages : FWH, 15min, 05min, HopStand de 30min et DH fin de secondaire, le tout pour environ 44/45 IBU.
J'ai fait presque 6g/l de HS et environ 3.5g/l de DH (oui, je voulais favoriser le HS plutôt que le DH pour la tenue dans le temps).
Levure : Verdant Lallemand (sèche) 1 sachet pour environ 12l à 1055.
Profil d'eau : Ca 117 / Mg 10 / Na 40 / SO4 180 / Cl 100 / HCO3 120
Acide lactique 2ml à l'empâtage et 1.7ml au rinçage.
Fermentation régulée autour des 20°C (démarrage vers 18°C)
Resucrage un peu plus de 7g/l.
Les chiffres : DI 1055 / DF 1013 / 18EBC / 44IBU
Je voulais faire une IPA relativement sèche et limpide mais je me suis gouré au moment de la commande : je voulais prendre la New England Lallemand et j'ai pris la Verdant (pas très à l'aise avec ces levures de styles NEIPA, j'ai confondu comme un bleu
Coté Process quelques remarques :
- Je transferts la maische en fin d'empâtage (aussi délicatement que possible) dans un seau de filtration avec faux-fond.
- J'ai un peu "joué" avec le thermoplongeur pendant l'Ebu et je n'ai pas obtenu l'évaporation escomptée.
- HS vers 75°C laissé 30min puis poursuite du refroidissement en laissant les houblons dans le moût.
- Refroidissement laborieux avec mon serpentin, obligé de le remuer régulièrement.
- La cuve part une nuit en frigo régulé pour pitcher le lendemain (autour des 17/18°C)
- Fermentation sur presque 6 semaines (soucis de planning)
- DH une journée à 14°C puis Cold-Crash pour 3 jours à 4°C
- Transfert en seau de resucrage avec autosiphon placé dans le hopspider pour filtrer les résidus de houblons
- Headspace réduit dans les bouteilles (moins d'1 cm)
- Pas de remuage pendant l'embouteillage mais pas d'autre précaution particulière (pas de CO2)...
Le résultat :
Bon c'est pas mauvais. Elle a une drôle de couleur trouble un peu foncée (entre l'orange sympa et le marron dégeu), belle mousse avec laçages, texture pas aqueuse (presque soyeuse), arômes un peu fruités mais c'est pas l'extase. Au goût ça reste dans la même veine, c'est légèrement fruité, c'est "brouillon" avec une impression "douçâtre" et aussi très légèrement "piquante" (IBU acide lactique ?). Ça se laisse boire mais ce n'est clairement pas ce que j'attendais.
A titre de comparaison, j'ai fait une simple APA (Citra Mosaic Cascade) avec 2g/L en HS et 4g/l en DH et elle était nettement plus fruitée et plus agréable.
J'avais remarqué que c'était bien fruité juste avant le DH (j'ai pris un échantillon avant d'envoyer le DH) puis ça s'est nettement estompé par la suite.
Là je suis à un peu plus d'un mois après la mise en bouteille et ça n'a pas vraiment évolué (ni mieux ni pire) la couleur semble la même, peut-être le côté "piquant" qui se fait très discret...
Je sais (maintenant) que la Verdant ne flocule pas bien. Quitte à faire une IPA trouble, j'aurais pu tenter un DH de biotransformation. C'est con.
Serait-on en présence d'une oxydation ? Suis-je condamné à rester sous les 5g/l d'aromatiques tardifs (HS + DH) avec mon process des plus artisanal ?
Est-ce que les houblons NZ sont "survendus" et n'apportent pas les arômes promis ?
Est-ce un problème de recette, de process ?...
Qu'est-ce que vous en pensez les "experts" ?


