Je fais un petit sujet autour d'une question que je me posais : "Le CO2 dégagé lors de la fermentation pose t'il un risque dans un espace confiné ?"
Il y a principalement deux risques à avoir trop de CO2 dans une pièce :
- De 15 000 à 40 000 ppm risque d'acidose sur le moyen-long terme.
- A partir de 40 000 ppm le seuil de danger immédiat est franchis et l'on risque simplement une asphyxie à moyen-court terme.
- Non dangereux mais tout de même gênant, on note maux de tête, essoufflement, douleur dans la poitrine dés 8 heures d'exposition à 5000 ppm.
J'ai tout d'abord essayé de répondre à ma question avec des calculs que je vous épargnerais ici mais il y avais encore deux points qui m’embêtais :
- Le CO2 est plus dense que l'air, donc il a tendance à stagner au sol et comme j'ai plusieurs compagnons à quatre pattes je voulais savoir à quel point il s’y accumulait.
- La production de CO2 varie beaucoup lors de la fermentation, donc à quel point le pic de production est t'il important par rapport à mes calculs.
J'ai donc fais l'acquisition d'un petit boitier de détection du CO2 par la methode FTIR :

Il est précis à 5 ppm prés et sature à 3000 ppm.
J'ai donc réaliser une ch'tite expérience lors de mon dernier brassin:
Mon bureau

Je suis au pic d'activité de ma fermentation (60 litre d'un mout très fermentescible DI = 1.043 à un taux d'ensemencement de 4.4 x 10^6 cellules viables / ml)
Je brasse dans mon bureau de 20m^3 avec une surface au sol de 9 m².
Je vais donc laisser mon détecteur à 10 cm du sol (hauteur approximative des narines d'un chat) et tout fermer puis faire des relevés toutes les 30 mins.
Bien sûr je ne reste pas dans la pièce pour ne pas fausser la mesure et pour lire la valeur du détecteur, je rentre en apnée dans la pièce rapidement mais tranquillement pour éviter des mouvements d'air tout en y restant le moins longtemps possible (c'est une limite de mon expérience).
Résultats :
- t + 0 min = 554 ppm
- t +30 mins = 723 ppm
- t +60 mins = 882 ppm
- t +90 mins = 985 ppm
Après lecture de la valeur à t +90 min j'ai mis en marche un ventilateur pour homogénéiser l'air de la pièce et après 5 min je suis passé à 1120 ppm stable.
(J'ai reproduits 3 fois l'expérience et les résultats sont similaires)
Analyse :
A première vue le taux de CO2 grimpe progressivement de 287 ppm par heure mais avec le brassage d'air on se rends compte que du CO2 s'accumule bien très prés du sol (environ 25% du total produit) soit +377 ppm par heure au total.
Conclusion :
Dans mon cas je dois donc aérer au minimum toutes les 12 heures pour être toujours en dessous de 5000 ppm.
Et comme on arrive au printemps je pourrais laissé aérer la plus part du temps tout en laissant le détecteur en route pour suivre le taux en direct.
Pour finir, si on devait extrapoler mes résultats pour une autre installation on pourrait dire qu'un litre de bière au pic de fermentation fait grimper le taux de CO2 de 188.5 ppm par heure dans un espace d'un mètre cube.
J’espère que ça pourra servir à certains d’entre vous et n'oubliez pas d’aérer
N’hésitez pas à me faire parvenir vos critiques et vos idées pour approfondir le sujet !
Snow Bear
Source : https://www.inrs.fr/media.html?refINRS=TC%2074


