Un bon topic que celui-ci, qui va dans le sens de ce qu'on ressent un peu partout depuis le début du covid
L'erreur qu'on commet tous au départ est de croire qu'une bière avec peu d'ingrédients sera moins complexe qu'une autre avec une trouzaine d'ajouts de houblons et 10 malts. C'est souvent l'inverse.
Il faut se rappeler que les bières intemporelles, ou dites "d'excellence" / "de tradition" sont souvent très simples (1 ou 2 malts, 1 houblons, une levure), mais que c'est la façon de les faire qui les rend si exceptionnelles. Les trappistes par exemple ont un grain-bill très simple. La pilsner Urquel, la kölsch, etc aussi.
Un autre fait à prendre en compte : au début on se lance dans des trucs complexes parce que ... bon... enfin vous voyez... on veut faire un truc qui dépote grave... dans 3 brassins je serais l'Etchebest de la bière, je prendrais le melon et trois tailles de cheville parce que j'ai inventé une bière qui sauve le monde
(oui monsieur, la cuisine gastro c'est sérieux et indispensable à la survie humaine le brassage c'est un truc qui sauve le monde ! Comment ça "non" ?...)
Avec le temps, on acquiert de l'expérience, on comprend pourquoi on s'est vautré sur des trucs en affirmant "mais si ! c'est simple ! tu verras ! je suis un vrai brasseur yaka suivre la recette. Une marmite un chrono et le tour est joué je te dis".
Au final on arrive à un stade où on a appris plein (trop) de choses, qui servent pour faire des bières de ouf (ou de splendides merdes), mais qu'on n'a plus envie de brasser. Avec l'âge vient l'envie des choses bonnes mais simples, en se faisant quand même un gros kif de temps en temps.
PM, "qu'il est compliqué de faire des choses simples"...