A mon humble avis, pas une bonne idée, les épices. En tout cas pas de manière régulière.cohen a écrit :Pourquoi pas ?
Etoffer les aromes de la biere, avoir autre chose qu'une pisse....heu pardon, une pils, etc...
Si tu soignes ton mélange de malts, ton houblonnage et ta fermentation, tu peux arriver à un truc étoffé, qui a de l'ampleur, de la longueur, de la profondeur, de la complexité. Sans épices.
Prends une Saison Dupont, par exemple, qui ne contient absolument pas d'épices, et est pourtant blonde comme une pils, et tu verras ce que je veux dire... houblonnage aromatique soigné, notes de poivre venant de la levure, fruité délicat, un chouia d'acidité, le tout très net, propre, et pourtant très complexe.
Comme pourra te le dire quiconque a lu par exemple, le "Good Beer Guide to Belgium" de Tim Webb, les épices ont comme gros avantage, du point de vue de brasseurs pas toujours scrupuleux de camoufler certains petits défauts de la bière, genre maturation trop courte ou une dilution, aspérités dans le fuité ou les notes de fusels, par exemple...
Oui, c'est un cache-misère plus qu'autre chose, dans la brasserie moderne.
Dans l'optique d'un brasseur amateur qui veut, je l'espère, progresser, c'est à mon humble avis pas forcément la meilleure voie que de se cacher les éventuelles légères failles du produit.
Il y a même un temps où les concours de brassage amateur italien, où je suis régulièrement juge invité, imposaient des styles non épicés, qu'il est possible de juger de manière équitable...
Mais les deux derniers concours d'été, où on jugeait des blanches et des saisons, ont ouvert les yeux à pas mal de monde, vu les excès hallucinants d'épices auquel le jury a été confronté (inutile de dire que quand la saison a juste le goût d'anis et de levure, y'a pas d'autre option que de déclasser durement la bière comme déséquilibrée...), rendant une évaluation honnête et constructive très difficile.
Bref, le prochain concours d'été, ce sera mild et brown ale en styles imposés... ouf.
Santé !
Laurent




