Le brassage tout grainsConseil pour la construction des recettes

Le processus, les mystères, les expériences du brassage tout grains...
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Penn-Maen
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Conseil pour la construction des recettes

Message par Penn-Maen »

Bonjour,

On voit souvent des dégustations qui, à la description, sont un véritable voyage pour les papilles.
On y retrouve ainsi "une attaque", suivi d'une "longueur en bouche", d'un étalement des saveurs qui "s'enchainent" harmonieusement, puis une finale.

La question est : comment construire une recette pour avoir quelque chose qui soit structuré à la dégustation, avec ce fameux enchainement de saveurs ?

Car, malgré mes efforts, je suis encore et toujours une bille : je trouve que mes bières sont soient brouillonnes (quand la recette est réussie), soient franchement déséquilibrées, soit sans interêt. Peut-être simplement parce que je suis une tanche en dégustation (c'est même certain), mais je n'arrive pas à cet enchainement de saveurs. Même si globalement j'ai bien la bière souhaitée, les goûts arrivent tous ensembles, ce qui m'enquiquine de plus en plus.

Alors voilà, le gars PM vient vous demander humblement vos secrets :whistle:

PM, clampins & co

Edit : exemple de dégustation avec cet "enchainement", tiré d'un lien donné sur le chat (de GdG)
En bouche, surprise complète car je ne m’y attendais pas du tout:
C’est très épais, et une acidité vineuse arrive directement, bien agréable à mon gout, puis les fruits rouges, et enfin arrive le café, impeccablement inséré, une fin légèrement fumée..
Regarde, écoute, questionne, apprend, transmet, recommence sans cesse
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Re: Conseil pour la construction des recettes

Message par alex73 »

Il faut ajouter les ingrédients un à un ! Pas tout en même temps ...
:jesors2:

PS : désolé :oops:
La bière est la preuve que Dieu nous aime et veut que nous soyons heureux. "Benjamin Franklin"Image
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Re: Conseil pour la construction des recettes

Message par bazoo »

J'ai les mêmes problèmes que toi.
J'ai tendance à mettre trop de mal spéciaux et en trop grosse quantité d'où des bières trop fortes en gout qui doivent maturer longtemps pour s'arrondir.
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Chonchon
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Re: Conseil pour la construction des recettes

Message par Chonchon »

Excellent sujet, merci à tous nos partageurs d'éclairer nos lanternes!


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Re: Conseil pour la construction des recettes

Message par Samoht »

Peut être, d'une part, parce qu'il y existe une manière bien codifiée de causer de ce que l'on sent lorsque l'on déguste qq chose (y a qu'à voir les critique gastro, oeno et zytho).

Peut être ensuite, en reprenant ton exemple, que les sensations d'épaisseur et d'acidité vineuse surpassent le reste, parce que la sensation d'épaisseur est une sensation physique, et que la sensation d'acidité appartient aux saveurs primaires comme l'amertume, le sucré, etc. qui sont, si j'en crois ce que l'on peut lire sur le sujet, des choses auxquelles nous sommes très sensibles pour des raisons évolutives (nutrition, detection d'un aliment dangereux, etc.). Ensuite seulement viennent les descriptions organoleptiques plus complexes (fruits rouges) qui font appel à un imaginaire riche et entraîné, et enfin, celles qui traînent en bouche pour des raison chimiques (café et amertume, goût fumé).

De mon côté, je reste persuadé que notre cerveau est un petit malin, et qu'il est dur de le duper et/ou de ralentir, et donc, que quand nous goûtons qq chose, c'est bien l'ensemble des sensations que nous ressentons de concert, peut être pas tout à fait simultanément, mais assurément dans un laps de temps très court. AMHA, toute l'astuce réside donc dans le fait de:
-(1) savoir interpréter ce que nous ressentons, puis d'en faire une synthèse qui soit compréhensible par d'autres (d'où la codification).
-(2) être capable de nommer de ce que nous ressentons selon une classification commune à l'ensemble des personnes qui se revendiquent goûteuses.
-(3) savoir traduire ce que l'on recherche sous forme de recette et de pratique de brassage.

Enfin, en ce qui concerne la construction de la recette, j'ai bien l'impression que c'est un histoire d'équilibre entre les différentes saveurs/arômes, mais c'est tellement subjectif que c'est dur à synthétiser. J'ai entendu (ou lu?) qq part que les grands maîtres brasseurs dont les recettes devenaient des styles de références pour les autres brasseurs, étaient des personnes qui recherchaient sans cesse à reproduire des sensations organoleptiques vécues auparavant pour s'approcher de leur idéal, et qu'ils développaient à l'occasion une certaine virtuosité à se projeter dans le goût que pouvais avoir une bière selon une recette donnée, de la même manière qu'un bon compositeur est connu pour ses mélodies et sa maîtrise de l'art tout comme un bon cuistot et connu pour ses accords et sa maîtrise de l'art.

Et j'ai pense que pour avancer dans cette voix, il faut faire goûter ses bières à un max de monde, les goûter en même temps, en discuter et comparer ses sensations à celles des autres pour se former un référentiel plus large, puis rebrasser les bières en conséquence de ce que l'on apprends, etc. jusqu'à obtention de qq choses de satisfaisant pour notre palais.

C'est long au début, mais ensuite, ça va de plus en plus vite :)

voili pour le post fleuve du soir ^^
thomas
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L'hermine
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Re: Conseil pour la construction des recettes

Message par L'hermine »

@PM

c'est quand même super balèse de donner une réponse tant il y'a d'approches différentes suivant les styles et tant nous avons un élément de base différent (l'eau). Et puis d'abord tu donne quoi en échange ? :lol:

bon aller j'essais de m'y coller (c'est bien parce que tu es P-M :mrgreen: ) de manière caricaturale comme ça vient et selon mes impressions (si notamment un captaindégustation passe par là il pourra surement contredire):

- la première impression en bouche sera la texture de la bière qui dépendra principalement du choix de céréales, de la quantité, éventuellement des malt spéciaux tout ça lié à la densité finale. Exemple: si tu veux une touche soyeuse tu va opté pour de l'avoine, une touche grasse du seigle, une entrée légère tu va opté pour une levure saison ou une bière type session etc

- viendrons se mêler directement en première bouche les arômes que procurent la base céréale qui pourront non seulement perdurer sur la bouche mais également jouer un rôle dans l'atténuation ou l'amplification de la bouche. Plus on veut faire perdurer cette sensation plus il faudra jouer sur les types de malt, la quantité de malt, la durée de l'ébu etc. Exemple: si tu veux une entrée en bouche délicate qui s'effacé rapidement sur la suite on peut opter sur du maïs, si on veut atténuer un houblonnage massif sans exprimer de manière significative cette entrée en bouche on peut partir sur du cara-pils, cara-hell, si on veut amplifier un arôme de "3ième bouche" type banane/vanille dans une weizen on peut aussi opté sur du cara-hell, ou de fuit à coque ou fruits séchés sur une grosse bière avec une bonne levure "trappiste" on peut opter sur du cara munich III ou du spécial B, si on veut une marque franche de malt d'entrée sans empiété sur le reste on privilégera du vienna ou du munich, si on veut un prolongement en bouche on optera pour du malt plus grillé etc etc

- vient ensuite tout le coté "jardin de la bière" donc notamment les arômes de houblon qui seront atténué + ou - vite selon le type de houblon utilisé. La démarche consiste à choisir aucun, un ou plusieurs houblon qui construiront celle ci de manière à délivrer certains arômes dans un enchainement plus ou moins long et harmonieux. Exemple: le choix du houblon amérisant pourra laissé des traces en "after", les houblons agrumeux fort en acide alpha seront eux sur la violence du départ, un houblon résineux va avoir tendance à accompagner l'amertume et donc offrir une durée en bouche "aromatique" plus longue, selon le type de houblon la marque sera plus ou moins franche, plus ou moins longue (et je ne parle pas de l'eau). Les épices et la levure entre en jeu à leur tour et eux à l'image d'un houblon aromatique tenace vont accompagner la suite avec plus ou moins d'avantage et de défaut. Je préfère pas m'étendre sur le sujet des levures vu mes convictions

- l'amertume arrive, suivant la quantité, la durée, le taux alpha, la DF, la puissance malté, la quantité d'arômatique et le choix de ceci elle sera plus ou moins prononcé. on pourra retrouvé derrière l'amertume les restes de longeur de malt, de houblons aromatique tenace, de miel, d'épices, des esters de levures plus ou moins agréable voir médicamenteux (synthol ça fait du bien sauf dans la bouche), et d'autres sensations type alcooleu etc.

Bref il existe autant de bière que de descrptif, on peut faire une fiche dégust de 2 pages sur une bière avec que du malt et une levure neutre, qu'une smash avec un houblon complexe ou une levure utilisé à bonne escient. Et ça dépendra de toute façon de plein d'autres paramètres.

Ca vaut ce que ça vaut et c'est totalement incomplet vu tout ce que j'ai oublié de dire mais d'autres feront au moins en sorte de completer
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Re: Conseil pour la construction des recettes

Message par lafleur44 »

Si on pouvait simplement résumer les sensations qu'on éprouve juste avec: c'est bon ou c'est infâme, ça simplifierait grandement les choses...
En plus faut être poète pour en parler, déjà que c'est pas simple de brasser alors parler de notre produit en toute objectivité!
c'est vrai que chaque fois qu'on démarre joliebulle BS et consorts, c'est frustrant de ne pas avoir la moindre idée du résultat qu'on obtiendra. Même avec un peu d'expérience, ben des fois le résultat est loin de ce à quoi on aspire si on en à la moindre idée d'ailleurs.
alors quand je lis des trucs que peuvent écrire notre ami l'Hermine, je suis scié :mrgreen: , "alors tu mets un peu de ça un peu de ça et tu auras en gros ce résultat là!" la je dis bravo, sans ironie aucune hein :naughty: .
on sent une certaine sensibilité.
Pour revenir au sujet peut-on se fier aux fiches techniques des fournisseurs quand ils décrivent les différents malts ?
Existe-t-il une classification, un tableau fiable comme celle des houblons, qui décrit dans les grandes lignes les styles de bière qu'on peut brasser avec tel type de malt?

Seb
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Re: Conseil pour la construction des recettes

Message par houblon44 »

En effet rien ne vaut l'experience personnelle et les impondérables du moment (temps, process avec ou sans anicroche, qualité des ingrédients , ancienneté des matieres.......), la théorie c'est bien mais l'action est incontournable.
J'ai fait la même recette et pas le même gout ..
Il est préférable d'avoir de très gros défauts que de toutes petites qualités.
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Re: Conseil pour la construction des recettes

Message par thibel147 »

Bonjour,

Tout cela sans parler de ce que l’on a mangé ou bu juste avant la dégustation de la bière. Après un melon sucré, la bière la plus liquoreuse paraitra sèche (c’est pourquoi le porto est apprécié avec ce fruit), après une endive, aucune bière ne sera assez amère…
Il faudrait déguster le matin, après quelques heures de réveil, et avant d’avoir les papilles et récepteurs olfactifs saturés… mais la bière se boit plutôt le soir.
La température est un facteur influençant le gout bien connu, mais l’effervescence, la couleur donc la lumière ambiante, la forme du verre, sa matière… jouent sur la perception du gout et des aromes d’une bière. Une même bouteille peut donc avoir des goûts différents selon l’environnement de la dégustation.

Pour la conception d’une bière aussi bien que pour la dégustation, je me représente les saveurs sous forme d’une courbe. En « x » on a le temps et en « y » on a l’intensité. Chaque saveur arrive à un moment donné avec son intensité propre, reste un certain temps puis disparait plus ou moins vite. Certaines saveurs ne font qu’un pic, elles apparaissent vite, et disparaissent aussi vite. D’autres ont des courbes plus douces, elles arrivent doucement et restent plus longtemps pour disparaitre en douceur. Certaines restent très longtemps en bouche d’autre non.

Dans une bière brouillon, peut-être que plusieurs saveurs ont plus ou moins la même courbe.
Dans une bière houblonnée et jeune les pics sont marqués voir séparés, mais personnellement je n’apprécie pas les trous entre deux saveurs.
Dans une vieille bière les pics se sont arrondis et ils se chevauchent, on passe alors d’une saveur à l’autre sans s’en rendre compte, avec subtilité.

Avant de brasser, j’essaie d’imaginer la courbe des saveurs dominantes de ma bière, et de concevoir ma recette. Au début, il faut plusieurs essais pour comprendre les influences de chaque variable. Par la suite, lorsque l’on connaît mieux l’impact gustatif des ingrédients et processus, cela devient plus facile.

Mais les levures et les températures de fermentation rehaussent certaines courbes, en effacent d’autres, en créent de nouvelles et font un sacré bazar. C’est cela que je trouve passionnant...
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Re: Conseil pour la construction des recettes

Message par Ark »

lafleur44 a écrit : Pour revenir au sujet peut-on se fier aux fiches techniques des fournisseurs quand ils décrivent les différents malts ?
Existe-t-il une classification, un tableau fiable comme celle des houblons, qui décrit dans les grandes lignes les styles de bière qu'on peut brasser avec tel type de malt?

Seb
Salut,
j'ai ça sous le coude :
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-Fermentation : Rien du tout.
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