Bon j'arrive et je découvre ce post où l'on parle de moi et je constate qu'il y est dit pas mal de choses assez éloignées de la réalité, pour ne pas dire fausses. Je me dois donc de réagir et de rectifier quelques erreurs.
Tout d'abord, je précise pour ceux qui souhaitent se lancer dans la formation professionnelle, que la tache est ardue, entre l'homologation préfectorale, l'organisation, la création de contenus, la mise en place des matériels, logiciels, salle de cours et de TP, les plannings des différents intervenants, etc.. A cela s'ajoutent évidemment les classiques problèmes de réservations, annulations, financement pré-accordés et refusés, puis les problèmes de règlement par les différents organismes financeurs, Vivéa en tête. En moyenne, une session de formation d'une semaine de 40 heures nécessite une semaine complète supplémentaire de travail.
Comme toujours,, il est impossible de plaire à tout le monde, il y aura toujours quelqu'un de non satisfait et cela ne me choque absolument pas, puisque c'est la première fois que j'entends cela sur environ 180 personnes venues en stage jusqu'à présent.
A ce propos il est regrettable que Tofito n'ait absolument pas fait de remarque lors du débriefing du Vendredi, le dernier repas est fait notamment pour cela.
Je vais donc revenir sur quelques points qui me paraissent utiles de préciser.
Tofito a écrit :
Entre la théorie expliquée par un intervenant et la pratique réalisée avec d’autres intervenants il y a sur certains points un fossé qui m’a choqué.
C'est précisément fait EXPRES. Peut être ce point t'a t'il échappé, en tous cas c'est l'un des aspects les plus positifs remontés par les autres stagiaires : justement de bénéficier de points de vue et d'approche différents. C'est parfaitement volontaire, je ne veux pas faire ce que j'ai vécu à l'IFBM et c'est pour cela que j'emploie 3 intervenants différents, chacun ayant sa façon de voir, de travailler , ses goûts et ses convictions. Comme tu peux le voir simplement sur ce forum, la bière est un domaine immense et de très nombreux avis différents sont émis, et c'est tant mieux. L'un des objectifs du stage est de présenter aux gens les différentes techniques (par exemple, on utilise 4 machines d'embouteillage différentes), pour qu'ils se forgent un début d'opinion sur le matériel adapté à leur objectif.
A ce propos j'ai lu quelque part que tu trouvais le matériel "low cost", la soutireuse inox 4 becs TENCO ENOLMASTER utilisée le vendredi ne coûte en effet que 2 500 € HT plus port, elle est vendue comme du matériel professionnel et de nombreux brasseurs l'utilisent. Perso je ne trouve pas que ce soit du matériel amateur et j'en suis très satisfait, après avoir fait quelques petites modifs. (étanchéité du bac de trop plein..).
Tofito a écrit :
- La partie économique est limitée et strictement centrée sur le concept de brasserie « low-cost » à très petite échelle. Pas vraiment possible d’élargir les discussions et informations reçues sur d’autres « concepts » de brasserie plus pros.
2 points : le premier c'est que le Vendredi après midi est réservé pour toutes les questions qui n'intéressent que 1 ou 2 apprenants et qui ne peuvent monopoliser des heures de cours pendant le cursus normal, les sessions étant déjà très chargées et se terminant souvent vers 20 H. Si tu avais des questions particulières non abordées, c'était le moment.
Le deuxième c'est que 99,5 % des stagiaires ont un projet (et le réalisent, pour la plupart), dont le budget est entre 5500 € et 15 000 €, hors local. Je n'y peux rien, c'est comme ça et mes cours sont donc adaptés à la demande. C'est écrit clairement sur les contrats. Je pense que tu t'es simplement trompé de stage, il n'était pas adapté à ta demande mais tu aurais pu le dire.
Il y a une phrase sur le coût du stage quelque part, donc 7 remarques de base:
1- Le prix est tout à fait en rapport et même inférieur à de nombreuses autres formations y compris dans des domaines ne nécessitant aucun matériel.
2 - Celui ci inclut tous les repas du midi, y compris au restaurant (trouve ça ailleurs ?), les croissants du matin et la bière à volonté.
3 - C'est Pôle Emploi qui m'a demandé d'augmenter le prix pour entrer dans les cases standard.
4 - Les intervenants sont des professionnels de haut niveau, Notamment P...qui ne poste plus ici depuis longtemps mais qui est brasseur depuis 40 ans, expert en mycologie, et qui connaît le BJCP par coeur. Ces personnes ont d'autres activités et sont difficilement mobilisables, leurs interventions se payent.
5 - Environ 95 % des apprenants ne paient pas un seul centime, les stages étant totalement pris en charge, y compris les repas et quelquefois les frais de transport (avion, train, voiture).
6 - Pour ceux qui le souhaitent, le logement est fourni gratuitement sur place.
7 - Tous ceux qui se lancent bénéficient d'une assistance technique gratuite, téléphonique ou même avec déplacement sur site. (qui d'autre le fait ?)
Tofito a écrit :
Il y a des points positifs bien-sûr : la convivialité est bonne et l’ambiance agréable, les groupes de 4 personnes par session me semblent la taille idéale pour avoir une interaction entre les participants, les bases sur l'utilisation de beersmith. Pour quelqu’un qui n’a jamais brassé ou qui s’y connait très peu et pense à peut-être vendre de la bière, cette formation est une 1ère approche intéressante du brassage semi-pro.
En effet il y a presque autant de formateurs que d'apprenants, je crois qu'aucun autre organisme de formation ne peut en dire autant. Pour Beersmith, je te rappelle que l'on y passe 2 jours, en commençant par le paramétrage, puis la conception de recettes propres en fonction des études de styles du BJCP et des dégustations effectuées, ce qui permet à chacun de créer sa recette originale qui est bien souvent brassée et commercialisée dès le démarrage du stagiaire. A cela s'ajoute toute la partie traitement de l'eau, du cloud, et j'en passe. Je crois que c'est un peu plus que des "bases". Pardon si je me trompe, je n'y connais rien à Beersmith, je ne l'ai jamais utilisé moi même.
Autres petites choses en passant : olivierB6644 a eu de gros problèmes quelque temps après son démarrage, surtout administratifs notamment pour avoir la certification Bio, c'est pour cela qu'il a perdu du temps. Ses bières sont excellentes depuis le premier jour et se vendent très bien, pourtant il n'a qu'un équipement "low cost". D'autres ont eu plus de chance et ont commencé à engranger des bénéfices au bout de 4 mois. Dans tous les cas, les apprenants n'ont eu besoin de rien d'autre que ce fameux stage et le classeur de 280 pages résumant les cours.
Je n'ai plus le temps donc je termine rapidos : J'ai lu quelques énormités, comme l'histoire de vider l'eau de javel à la porte. C'est n'importe quoi : il y a une aire de lavage bétonnée devant la chambre froide, avec un caniveau qui se déverse dans un reverdoir, lequel se vide dans une fosse bétonnée et entièrement invisible de 2 m de diamètre et 1,80 m de profondeur. J'utilise environ 1/2 l d'eau de javel par mois, compte tenu de toute l'eau de pluie et de celle que j'utilise pour laver les différents matériels (environ 200 L /mois ?) je ne pense pas que la houblonnière, qui est à 50 m de là et non pas à 20, puisse en souffrir. Et le sous sol non plus, il faut pas déconner.
On a déjà beaucoup parlé des fûts en PEHD. C'est pour cela que j'ai conservé une cuve inox cylindro cônique de 240 L avec CIP fait maison, cela me permet d'expliquer aux apprenants les plus et les moins des différents systèmes, y compris les fûts et les sodas kegs, qui en effet ne sont étudiés que rapidement car le stage ne dure que 40 heures. Libre à chacun de choisir la solution la plus adaptée à son besoin, je ne suis pas, encore une fois contrairement à ce qui a été écrit, promoteur ni vendeur de telle ou telle solution. Si quelqu'un veut m'acheter du matériel, c'est uniquement parce qu'il le paye moins cher que s'il l'achète en direct, moi cela ne m'intéresse pas spécialement, cela ne me rapporte rien et me coûte beaucoup de temps et de place. En effet, je privilégie la solution PEHD, et je change mes fûts tous les 2 ans environ. Il me faudra donc environ 20 ans pour arriver au même prix qu'une cuve inox. Je les place dans une pièce régulée en température, puis en chambre froide (tout est sur roulettes). Je trouve que la bière est meilleure qu'en fût inox, mais c'est subjectif. En tous cas c'est tellement plus pratique. Bref, on en a déjà pas mal parlé !
A propos des tanks à lait, quand on me pose la question, j'explique que je les avais achetés pour brasser au départ, mais que je me suis aperçu avec le temps que ma petite solution de micro brasseries mobiles de 100 à 300 L par brassin étaient bien plus pratiques, économiques et adaptées à mes besoins, surtout vis à vis du réseau électrique ou gaz à prévoir. C'est un choix purement dicté par la logique de ma situation, ce n'est pas pour ça que j'en privilégie ou dénigre une plutôt qu'une autre, chacun choisit ce qui lui convient ! Encore une fois l'idée directrice du stage est de présenter un maximum de solutions possibles dans un temps limité, qu'elles soient de conception de recette et de méthode de brassage, de production avec des matériels divers, d'embouteillage (4 machines différentes sont utilisées...) , etc...Il est vrai que maintenant mes tanks ne me servent qu'à conserver mon orge à l'abri des rongeurs, c'est une solution qui intéresse beaucoup de futurs brasseurs souhaitant malter.
Retour sur les fûts car je n'aime pas cette pique disant que "c'est trop récent pour le formateur" : nous faisons tous de la veille technologique et recevons des échantillons des différents systèmes pour les tester, y compris les solutions Chinoises. Impossible de parler de tout ça dans les 40 heures du stage, et certains produits sont confidentiels.
A propos de ma faible présence pendant les stages : c'est normal, ce n'est plus mon job de faire les cours depuis janvier, je paye des intervenants pour ça, ça permet de recevoir un avis différent du mien et ça m'évite de me retrouver encore à l'hôpital en total burn out. Je me réserve uniquement la dernière séance du Vendredi car j'aime bien faire le débriefing et recevoir les avis des apprenants. Quand j'ai fait mon stage à l'IFBM, je n'ai pas vu le patron une seule fois en 15 jours. Et alors ? Normal, non ?
D'accord avec Lhermine (il y a des contradicteurs avec qui j'aime bien échanger, car c'est constructif) : je ne suis ingénieur(par expérience, pas par formation initiale). qu'en Robotique Industrielle, développement logiciel et autres joyeusetés incluant récompenses reçues et plus ou moins loufoques comme le prix de l'Innovation de l'Usine Nouvelle en 1992, le prix du "Meilleur gestionnaire de France"dans les années 90 (impressionnant, non ? Bidon, oui...), qui n'ont aucun rapport avec la bière. Cela ne fait que 10 ans que je brasse (et que je suis inscrit ici) et 40 ans que je bois de la bière, je ne me prétends pas du tout expert dans la bière et c'est pour cela que j'emploie des spécialistes. Je ne sais parler que de technique, des moyens de production, de vente, de gestion, de fiscalité et d'optimisation. Pour la bière, j'ai mes propres recettes qui marchent plutôt pas mal (1000 L/mois environ, toujours stock 0), j'essaie toujours de faire encore mieux en modifiant un poil mes recettes de temps en temps, mais pour l'expertise je fais appel à des champions qui savent dire rien qu'au nez quels houblons sont présents dans une bière.
Chacun son job, moi c'est celui de chef d'entreprise, plus de brasseur depuis longtemps. C'est ce que j'ai (presque) toujours fait, je me suis lancé dans la bière parce que j'aime ça et que c'est un domaine immense et passionnant, mais je ne vais pas regarder tourner mon moulin ou mon mélangeur toute ma vie. Pour ça, j'ai embauché quelqu'une.
Je n'arrive pas à mettre des photos, l'onglet "ajouter une photo" n'existe plus, et pour ce qui est e l'URL de mon appareil photo, je n'en ai aucune idée.
Je termine avant de quitter ma brasserie et de rentrer à la maison bosser au jardin : je ferai prochainement mes adieux officiels au forum à qui je dois beaucoup (encore merci Jean Luc), car je n'ai vraiment plus le temps de poster des réponses comme celle ci, ni d'argumenter des discussions passionnantes mais quelquefois interminables !
Non finalement encore un dernier mot, Jean Pierre :
Le matériel de laboratoire utilisé pour le cours de microbiologie, comprenant réalisation d'un pied de cuve, multiplication des levures, étude au microscope, comptage avec cellules de Malassez et autres outils bien connus de notre ami Mexicain au pseudo imprononçable (si tu me lis, tu es toujours bienvenu !) est du matériel professionnel, sauf les blouses blanches fournies. Au passage, pour diminuer un peu le temps consacré à cette étude, les observations au microscope sont maintenant projetées en direct sur un écran, ce qui permet à tout le monde de voir la division (ou multiplication ?

) cellulaire s'opérer sans avoir à se coller l'oeil sur le microscope.