Le plessis, c'est comme un jeu de construction, mais uniquement avec des branches, de châtaigner ou acacia (le saule ou le noisetier sont possibles, mais durent moins longtemps que le châtaigner ou l'acacia qui sont imputrescibles).
Dans un premier temps, tu plantes des petits pieux (faits avec les plus grosses branches)tous les 30 cm environ, puis tu viens tresser les branches entre ces pieux (à droite, à gauche, à droite etc...) pour obtenir des petits bacs que tu pourras
remplir de terre, compost, terreau presque jusqu'à ras-bord. Il faut bien serrer les branches les unes sur les autres pour ne pas que la terre s'échappe
Sur cette photo, il manque encore la terre qui remplit la structure presque à ras-bord.
En surélevant ainsi la terre, tu lui permets de se réchauffer plus vite et d'accélérer la pousse au printemps, ce qui n'empêchera pas la plante de s'enraciner dans la terre plus profondément une fois qu'elle sera plus vigoureuse. En plus, tu économises tous les fertilisants tels que le purin d'ortie, car ils se répartissent uniformément sur tout le volume du plessis. Cette technique te fera gagner plusieurs semaines, ce qui peut être utile quand on vit dans des régions où l'hiver a tendance à se prolonger (comme au Québec). Le seul défaut du dispositif: il faut surveiller l'arrosage pendant la phase de croissance. Etant hors-sol, la terre a tendance à se dessécher rapidement.
Tu peux faire des carrés, des cercles, des triangles. En fait, ce jeu sur les formes géométriques dans les jardins est l'ancêtre du jardin à la Française.
Autre réflexion : c'est ainsi que les moines du moyen-âge cultivaient le houblon en quantités satisfaisantes sur un minimum d'espace, et donc sans avoir à quitter le monastère. Le houblon étant anaphrodisiaque (i.e. le contraire du viagra), il avait un rôle très important pour ces religieux qui s'en servaient pour réfreiner les ardeurs des jeunes moines tiraillés par leur voeu de célibat. Comme ils en avaient plein, ils se retrouvaient certainement avec des stocks à ne plus savoir qu'en faire, d'où la production de bière d'abbaye.