olivierpicard a écrit :
C'est bien comme cela que certains futés peuvent devenir milliardaires en quelques années : en créant une start up qui marche et en la revendant au bon moment, pour en créer aussitôt une nouvelle sur un concept encore plus novateur, mais financé par la vente de l'idée précédente.
Sauf que dans la bière, le novateur-fulgurant, c'est relativement rare (ok, admettons... BrewDog ? surtout un flair énorme pour la provoc'. Stone Brewing ? Eux aussi, c'était de la provoc' au départ, mais ils n'ont pas revendu, et sont en train de bouger pour ouvrir une unité de brassage en Europe... et ils ne viennent pas pour bricoler, ça va claquer son houblon grave, avec un savoir-faire commercial qui va faire très mal. Mikkeller ? N'a même pas d'unité de production...) enfin, c'est la vieille tarte à la crème méritocrate néo-libérale, ça, de dorer la pilule, de mettre en avant les rares milliardaires pour cacher la forêt d'entrepreneurs qui s'en tirent sans plus ou se plantent durement... C'est subtilement culpabiliser ceux qui deviennent pas riches à millions, et ça rejoint les niaiseries de Séguéla sur la Rolex obligatoire à 50 ans.
olivierpicard a écrit :Avoir la bonne idée au bon moment et savoir la mettre en valeur pour la revendre le plus cher possible ne me paraît pas malsain, même si je suis anti-libéral au sens "ultra". Et pour te "faire racheter" dans de bonnes conditions, il faut avoir dès le départ un statut qui le permet. Donc des parts sociales négociables...
Sauf que statistiquement parlant, les chances que ça arrive sont bien plus faibles que les chnaces d'arriver à une situation où la boîte tourne, emploie du monde, mais un des partenaires débarque.
Dans le fond, ça pose un peu la question de la motivation à se lancer dans la production de bière... pour produire de la bière ou pour faire du pognon. Les deux sont indissociables, mais l'un des deux est nécessairement en avant par rapport à l'autre. Et ça conditionne les visions à moyen et long terme et accessoirement la forme de société pour aller dans cette direction.
olivierpicard a écrit :Le système très valeureux de la scop ne permet pas la juste rémunération de son apport et de son industrie, d'ailleurs Gwen le confirme bien. C'est bien joli de suer sang et eau, mais au bout d'un moment, s'il n'y a pas une récompense suffisante, on se lasse et c'est humain. En résumé, vendre ses idées et sa structure est sans doute plus rémunérateur que de vendre son produit.

Sauf que, si ton entrerprise tourne un peu, emploie du monde et a bâti une gamme de produit reconnue, une clientèle, vendre le tout à plus gros que soi n'est pas l'idéal en termes de garanties de pérennité (cf., au hasard... Dremmwel ?), là où justement la scop, de manière pragmatique, tient compte de ces aspects humains, et permet des changements de partenaires tout en assurant l'avenir de la boîte, et des produits...
A+
Laurent
Toutes les opinions se valent, mais certaines ont un budget marketing annuel de 100 millions d'Euros derrière elles. (Tim Webb)