
En effet, vraiment délicieuse... Elle n'a pas cette lourdeur que je vois souvent dans les bières industrielles belges.
Très agréable à boire, sans trop de sucres résiduels, et un joli petit goût poivré et fruité. Aussi un bonne petite amertume. Tout dans la finesse.
On peut comprendre alors que Bosteels avait peur que la Corne lui fît de l'ombre...
Et puis ce nom me fait rappeler un bois que l'on traversait, lorsque j'étais enfant, pour aller chez ma grand-mère, en Lorraine belge (non, je n'étais pas habillée en rouge)... On passait par le lieu-dit: La corne du bois des pendus, dans la forêt d'Anlier...
Petit check sur leur site: et oui, c'est bien la même chose !
Ils parlent de la légende de 1636, mais aussi des faits réels, qui eux, nous découvre un pan de l'Histoire qui n'est pas jojo du tout !
En fait, toute cette guerre de 30 ans a touché terriblement toute la Lorraine... Et cela semblait vraiment plus qu'horrible. Plein de villages ont disparu, des villes décimées, de la famine, et j'en passe...Le lieu-dit « La Corne du Bois des Pendus » provient d’un tragique évènement survenu au XVIIème siècle durant la terrible guerre de 30 ans. Des troupes polonaises, croates et hongroises envoyées par l’Allemagne contre la France prirent position dans le Sud-Luxembourg en février 1636.
Se croyant en France, elles se mirent à rançonner tous les villages environnants. Elles traquèrent la population qui s’était réfugiée dans la forêt d’Anlier. Entre La Folie et le hameau de Rodenhoff, là où la forêt d’Anlier forme une Corne, elle pendit une centaine d’hommes, de femmes et des enfants. C’est en leur hommage que ce lieu-dit s’appelle désormais la Corne du Bois des Pendus.
Toute la population de Lorraine a diminué de plus de 60%, certains endroit plus que 90% ! Car toutes les armées qui y passaient, se relayaient pour rançonner et se "payer" sur les habitants. Qui n'ont trouvé qu'une solution pour éviter les massacres: se réfugier dans les forêts, se nourrir de glands et racines...
Agathez, j'ai une petite pensée pour toi, quand je lis le récit suivant, quand on sait où ta brasserie est située (ref):
Pour ceux qui reviennent du salon du Brasseur à Saint-Nicoles, on peut aussi lire (ref):Le curé du Val d’Ajol, Antoine Jacquot, écrivait : « En cette année 1635, de Pâques à la Saint Rémy, tout le pays fut couvert de soldats allemands, hongrois, croates et autres, poursuivant les Français et les Suédois qui revenaient d’Allemagne. Le pays fut tellement ravagé, qu’à peine quelques paroissiens restèrent dans ces parages, les autres errant dans les forêts et les bois impénétrables ».
Quand je lis tout cela, j'ai une petite pensée pour tous les brasseurs et brasseuses de Lorraine..."(...) pour empêcher les convois qui venaient aux ennemys, avec deffense de les attaquer ez-villes, bourgs et villages du païs, de peur que cela ne causa quelques malheurs aux peuples et habitants de ces lieux. Ces messieurs sachant toutefois un convoy considérable dans St-Nicolas (du Port), ils y vinrent. Ludres eut l'adresse d'y entrer, et ayant pris les clefs du portier, il en rouvrit la porte aux troupes plus de 600 chevaux d'artillerie. Les pauvres habitants les avaient priés à genoux de vouloir se retirer et laisser les Français parce qu'assurément ils en seraient ruinés; mais ils n'en voulurent rien entendre; ils firent quelque pillage dans le bourg, et deux jours après, l'intendant Gobelin vient de Nancy avec force, à St-Nicolas et taxa la ville à cent mille libvres et emmena 12 bourgeois des plus forts prisonniers pour assurance de la somme. (...)"
Mais que cela ne nous empêche pas de déguster une bonne Corne !
